La contribution de la gestion communautaire des ressources pastorales à la résilience des communautés rurales post-soviétiques, le cas du Kirghizstan

par Irene Mestre

Projet de thèse en Geographie amenagement

Sous la direction de Anne Honnegger.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de Ecole doctorale histoire/géographie/aménagement/urbanisme/archéologie/sciencepolitique/sociologie/anthropologie depuis le 14-10-2011 .


  • Résumé

    Dans le cadre de cette recherche, nous nous sommes penchées sur les dynamiques à l’œuvre dans les systèmes agropastoraux après la mise en place, depuis 2009, de la gestion communautaire des ressources pastorales sur tout le territoire du Kirghizstan. Nous nous sommes interrogées sur la contribution de la gestion communautaire des ressources pastorales à la résilience des communautés rurales. La méthodologie de la recherche utilisée est l’étude de cas multiple imbriquée, de manière à prendre en compte de manière ouverte les interactions entre l’utilisation des terres, les dynamiques des ressources et la gouvernance. Les cas d’étude sélectionnés sont trois communes rurales et leurs pâturages qui forment ainsi trois systèmes socio-écologiques. Le niveau national est également pris en compte. Les données ont été collectées par des enquêtes de terrain et l’observation participante dans les communes rurales et dans les ONG en charge de la mise en place de la réforme au niveau national. Une revue de la littérature a également été menée. Le traitement qualitatif des données s’est fait par thématisation et les données quantitatives ont fait l’objet d’analyses statistiques simples. Le cadre conceptuel articule les principes pour la gestion d’un bien commun d’Elinor Ostrom (1990) et l’approche pour l’étude de la résilience des systèmes spatiaux de Christina Aschan-Leygonie (2000). Une grille de la contribution de la gestion communautaire des ressources pastorales à la résilience spatiale des systèmes socio-écologiques a servi de guide pour l’analyse. Les résultats de cette recherche mettent en évidence l’échec de la gestion communautaire à créer des boucles de rétroaction entre l’environnement, les pratiques et les mesures de gestion. Les organes exécutifs de la gestion communautaire ne collectent pas formellement de données sur l’état des pâturages ni sur les effets des usages. Leurs actions suivent principalement les intérêts des usagers des pâturages. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour évaluer si les usagers des pâturages mènent un suivi des pâturages grâce aux savoirs locaux et si celui-ci est pris en compte dans les pratiques. Cependant, de manière générale, la gestion communautaire des ressources pastorales a un effet positif sur la résilience des communautés rurales. Premièrement, par son ouverture, elle permet aux familles les plus éloignées, et marginalisées dans la prise de décision sur la gestion des ressources pastorales, de faire entendre leur voix. Deuxièmement, l’accès à des pâturages peu utilisés est rendu possible par les réparations d’infrastructures financées par les investissements liés à la réforme. Ainsi, la pression du bétail sur les pâturages est, au moins partiellement, diminuée. Troisièmement, la gestion communautaire des ressources pastorales crée des interactions d’un type nouveau entre les usagers agropastoraux et non-agropastoraux, ainsi qu’entre les acteurs locaux et nationaux. Elle offre notamment un cadre pour des stratégies ascendantes de défense des intérêts locaux auprès des structures gouvernementales et non-gouvernementales de l’échelle nationale. Ainsi, la gestion communautaire des ressources pastorales est un facteur de l’expansion des systèmes socio-écologiques locaux, de diversification et d’intensification de leurs interactions à l’intérieur du système et avec les systèmes de niveaux supérieur.

  • Titre traduit

    The contribution of community-based pastoral resources management to the resilience of post-soviet rural communities, the case of Kyrgyzstan


  • Résumé

    My research looked at pastoral resources and agropastoral systems after the implementation in 2009 of community-based pasture management over all the territory of Kyrgyzstan. I investigated how the community-based pasture management contributes to the resilience of rural communities. I used multiple embedded case-studies in order to comprehensively embrace the linkages between land-use, resource dynamics and governance. The case-studies were three rural municipalities and their pastures, which form socio-ecological systems. National level was also examined. Data-collection was conducted through extensive field-work in the rural communities, participant observation in NGOs implementing projects in the domain of pasture management at national level, and literature review. I used qualitative data analysis through thematization and basic statistic analysis for quantitative data. The theoretical framework combined the approach of Common pool resource management by Ostrom (1990) and the resilience of spatial socio-ecological systems by Aschan-Leygonie (2000). Based on them I elaborated a qualitative framework to analyze the contribution of Community-Based Pasture Management (CBPM) on spatial resilience of socio-ecological systems. As pasture, I understand the pastures them-selves as well as all the other resources necessary for their use, e.g. water and access infrastructure. My results show that community-based management fails to create feed-back loops between the environment, the practices and the management measures. Pasture Committees do not carry out formal data collection on resource dynamics, neither on the impacts of use. Their actions merely follow pasture user interests which are potentially led by indigenous knowledge on pasture condition, although there is a need for more research on this point. However, in general, community-based pasture management positively affects the resilience of rural communities. First, by its open-nature remote and marginalized households can take part in the pasture management decision-making. Second, the investment generated allows for repair and maintenance of infrastructure (roads, bridges) giving access to remote pasture, thereby limiting livestock concentration on most accessible pastures. Third, it creates interactions of a new type between agropastoral and non-agropastoral users, as well as between local stakeholders and national-level stakeholders. Thus, community-based pasture management is a factor of the expansion of local socio-ecological systems and of the diversification and intensification of their interactions, within the systems, as well as across scales.