Gonzague de Reynold poète

par Augustin Matter

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Mireille Hilsum.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) depuis le 01-12-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur le domaine de la littérature française en Suisse romande et est consacrée à la production littéraire de l’un des acteurs du renouveau littéraire romand au début du XXe siècle, Gonzague de Reynold (1880-1970), compagnon d’écrivains célèbres comme C. F. Ramuz et Ch. A. Cingria. Dans une œuvre abondante et inégale, particulièrement consacrée à des essais historiques et parfois politiques, un corpus poétique plus restreint a été délimité, couvrant particulièrement la période contemporaine de La Voile latine (1904-1910) et du premier conflit mondial, jusqu’aux grandes années de l’entre-deux-guerres. Entre 1904 et 1931, Reynold accorde en effet une place importante à la création littéraire, avant de se laisser accaparer par l’action catholique et/ou nationaliste, l’écriture d’essais politiques et plus tard la composition de vastes synthèses sur l’idée européenne. De L’Âge d’or (1898) et Au Pays des Aïeux (1904) à Conquête du Nord (1931), en passant par Cités et pays suisses (1914-1920), et les Contes et légendes de la Suisse héroïque, plusieurs œuvres en vers et en prose assurent à leur auteur le statut de poète, image que vient bientôt concurrencer sa renommée d’intellectuel et d’historien de la civilisation. Jusque dans les années cinquante, Reynold est considéré en Suisse et à l’étranger comme le principal écrivain de Suisse romande avec Ramuz, avant que le vieillissement d’une œuvre, les remises en cause de la deuxième Guerre mondiale et l’émergence de concurrents viennent lentement le reléguer au second plan. Le but de cette thèse est d’étudier comment Reynold a été le principal acteur d’une poésie helvétiste renouvelée destinée à ré-enchanter tant le singulier que le collectif. Cette relecture des œuvres de Reynold fait assister, effet, à la forge d’une identité qui esquisse une quête lyrique de soi, une refondation du lieu d’origine, une tentative épique. Reprenant l’idée que la poésie elle-même inclut une expression du politique et une métaphysique, cette étude montre en fait les conditions de réalisation et les contradictions d’une poésie d’inspiration nationaliste en Suisse, de son esquisse à son effacement/dépassement, au rythme des événements historiques et de l’évolution intellectuelle et culturelle du début du XXe siècle.


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