Making Things Fit, Making Ends Meet : small Entrepreneurs in Istanbul’s Garment Industry

par Louisa Piart

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Michel Peraldi et de Sabine Strasser.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Universität Wien , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 30-01-2012 .

  • Titre traduit

    Joindre les deux bouts : les petits entrepreneurs de l’industrie du vêtement à Istanbul


  • Résumé

    Dans l’industrie du vêtement d’Istanbul, les carrières sont courtes et le taux de renouvellement des ouvriers est élevé. La combinaison entre production flexible et accords de sous-traitance dans un environnement urbain informel amène un nombre croissant d’ouvriers à assumer des fonctions entrepreneuriales équivoques. Ces acteurs sont au cœur de cette thèse de doctorat. Pour maintenir leurs positions ces ouvriers temporaires sont souvent contraints de devenir de petits intermédiaires précaires qui redéfinissent les distinctions entre production et distribution. Basée sur des données empiriques recueillies grâce à un travail de terrain en profondeur à Istanbul, mon travail doctoral questionne sous un angle anthropologique les dynamiques changeantes de l’industrie du vêtement d’Istanbul à différentes échelles et le rôle des petits entrepreneurs dans la formation de ces dynamiques à travers leurs pratiques et leurs innovations. Alors que les petits entrepreneurs sont essentiels, ils sont rarement irremplaçables. Pour explorer ces questions, cette recherche trace les liens entre les différents débouchés de l’industrie du vêtement d’Istanbul et examine comment leurs processus de valuation respectifs sont entremêlés. Durant les dernières décennies, dans l’ombre des exports officiels vers l’Europe occidentale, le « commerce à la valise » vers des pays voisins, ainsi que le marché domestique se sont développés. En « joignant les deux bouts », les petits entrepreneurs de l’industrie du vêtement d’Istanbul sont des courroies de transmission entre ces marchés aux échelles transnationale et locale. Les étudier offre de nouvelles perspectives sur les contextes industriels modernes et le fonctionnement des marchés globaux.


  • Résumé

    In Istanbul’s garment industry, careers are short and worker turnover is high. The combination of flexible production and subcontracting agreements in an informal urban environment propel an increasing number of workers to assume equivocal entrepreneurial functions. These actors are at the core of this dissertation. In order to maintain their positions, irregular workers are often forced to become precariously positioned small brokers who reshuffle the distinctions between production and distribution. Based on empirical material gathered through in-depth fieldwork in Istanbul, my dissertation questions from an anthropological perspective the shifting dynamics of Istanbul’s clothing industry at different scales and the role of small entrepreneurs in shaping these dynamics through their skillful practices and innovations. While small entrepreneurs are essential, they are rarely irreplaceable. In order to explore these issues, this dissertation traces the connections between the various outlets of Istanbul’s garment industry and scrutinizes how their respective valuation processes are intertwined. Over the last decades, in the shadow of official exports to Western Europe, the so-called suitcase trade to neighboring countries as well as the domestic market have flourished. By “making things fit” and “making ends meet,” Istanbul’s small entrepreneurs are conveyor belts between these markets at both the transnational and local scales. Studying them offers new insights into modern industrial settings and the workings of global markets.