La formation à la guerre en Europe occidentale du milieu du XVe siècle à la fin du XVIe siècle.

par Simon Galli

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Pascal Brioist.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences Humaines et Sociales depuis le 19-10-2011 .


  • Résumé

    Il s'agit ici d'identifier les savoirs et savoirs-faire auxquels fait appel l'activité quotidienne des hommes de guerre au début de l'époque moderne, les moyens par lesquels ils sont acquis et les discours qui se développent sur eux. Cette thèse s'appuie sur quatre grands axes de recherche : lister de manière aussi exhaustive que possible les compétences ou formations souhaitables ou nécessaires chez un homme de guerre ; étudier comment ces compétences multiples sont peu à peu rassemblées et acquises par un individu ; analyser comment ces mêmes compétences diverses sont rendues cohérentes et interagissent entre elles pour répondre aux enjeux quotidiens de l'activité militaire ; enfin, considérer en quoi les discours sur la formation des hommes de guerre sont aussi des discours sur la nécessaire réforme de la société et sur l'utilité de certaines disciplines scientifiques ou savoirs-faire. Cette thèse se devra d'étudier dans toute leur diversité les différentes compétences potentiellement utiles à un homme de guerre, qu'il soit simple soldat ou général, et que ces compétences soient clairement militaires (escrime, équitation, art du siège...) ou non (géométrie, natation...), qu'il s'agisse de sciences formalisées et livresques (mathématiques, histoire...) ou de savoirs-faire s'appuyant davantage sur l'oralité et la pratique (art du charpentier, du forgeron ; coup d’œil de l'officier expérimenté...). En conséquence, elle mobilisera des sources toutes aussi diverses : traités généraux sur l'art militaire, traités techniques, mémoires et sources narratives, ouvrages polémiques portant sur la politique, la morale ou l'éducation, sources juridiques. Deux traits saillants de cette période sont en effet d'une part la polyvalence dont doit faire preuve un homme de guerre, et d'autre part, l'absence d'un type de source contenant à lui seul un discours cohérent sur la formation des hommes de guerre, comme pourront le faire plus tard, à partir du XVIIe. siècle, les manuels militaires.

  • Titre traduit

    Training for war in Western Europe from the middle of the 15th century to the end of the 16th century.


  • Résumé

    The object of this thesis is to identify the proficiencies and fields of knowledge useful or necessary in the day-to-day activities of a soldier - be he an officer or not - in the early modern era, the means by which they are acquired, and the discourses developed about them. This work will be organised around four main directions of research. First, listing as definitely as possible all the arts, sciences or proficiencies that are deemed useful for a combatant to know at that time. Second, determining how these proficiencies are acquired. Third, studying how these diverse elements of knowledge become coherent and interact to help the individual soldier or the troop as a whole in their tasks. Finally, exploring how discourses on military training are also discourses on the need for a reform of the society as a whole, and on the general usefulness and value of some sciences or arts. Many fields of knowledge will come to be included in the scope of this study due to their potential usefulness to a soldier, be they properly military proficiencies (swordsmanship, horsemanship, siegecraft...) or not (geometry, swimming...), be they sciences formalised in treatises (mathematics, history...) or know-hows more dependant on oral transmission and personal practice (carpentry, smithing, or the art of assessing a tactical situation at a glance...). As a consequence, this thesis will call upon several types of historical sources: general treatises on the art of war, technical treatises, memoirs and narrative sources, works on education, morals or politics, ordinances and other texts of law. Indeed, two traits of this period are the polyvalence soldiers and - especially - officers need to be capable of, on the one hand, and, on the other hand, the lack of any one type of work disseminating a coherent discourse on military training, as opposed to the manuals on military training that would begin to appear in the 17th century.