Nouvelles perspectives pour une mythologie universelle : histoire, aires culturelles, corollaires neurobiologiques.

par Julien D'Huy

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Emmanuel Désveaux.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de Ecole doctorale de l'Ecole des hautes études en sciences sociales ED 286 depuis le 16-12-2011 .


  • Résumé

    Des ressemblances frappantes existent dans la mythologie universelle. On y discerne des thèmes qui semblent trop similaires et trop arbitraires pour avoir été inventés indépendamment. Cependant, la précision accrue des données recueillies par les ethnologues démultiplie les effets singularisant de chacune des situations rapportées et rend les comparaisons transcontinentales de plus en plus incongrues, tandis que leur valeur ajoutée en termes heuristiques se révèle de plus en plus faible. Aussi nous interrogerons-nous d’abord sur la réalité de ces ressemblances, parfois à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, sur des continents autres, dans des environnements écologiques et des contextes sociologiques totalement différents. Pour ce faire, nous nous intéresserons en particulier à la mythologie d’Amérique du Nord et à la mythologie européenne, que nous comparerons avec d’autres mythologies. Si des ressemblances spécifiques entre mythologie nord-amérindienne et européenne venaient à être étayées, il faudra en expliquer la raison ; plusieurs hypothèses devront alors être testées.Ces ressemblances pourraient résulter d’emprunts qui auraient eu lieu à une époque récente ou relativement récente. Ainsi, certaines versions des mythes amérindiens possèdent-elles des éléments de détails qui sont manifestement des emprunts : des pommes de terre, des fusils, des couteaux de métal, des chevaux de selle ou des chevaux magiques… Il faudra traiter de cette acculturation et de l’influence des contes d’origine européenne sur la mythologie amérindienne. Les ressemblances pourraient également résulter d’emprunts ayant eu lieu à une époque très archaïque. Des thèmes seraient nés en Asie (ou en Europe), auraient voyagé en Europe (ou y seraient restés) puis auraient pénétré en Amérique du Nord à l’époque des migrations qui se sont produites par le détroit de Béring. Nous serions alors face aux traces d’un très vieux fonds mythique commun à l’ancien et au nouveau monde. Une telle démonstration nécessiterait cependant d’écarter la possibilité d’une diffusion récente ou datant de quelques siècles, et de montrer que les récits des deux côtés de l’océan remontent à une période précolombienne, dont ils nous parviendraient, sans modifications majeures. Le recours à divers éléments, génétique, archéologique et historique, nous y aidera. Dans la troisième et dernière hypothèse, les ressemblances entre les deux mythologies seraient des coïncidences inévitables dues au fonctionnement du cerveau ou de la pensée mythique. Puisque l'architecture de l'esprit humain est la même pour tous les hommes, il suffirait d'un même germe ici et là pour qu'en sortent des contenus mythiques structuralement similaires. Il deviendrait alors inévitable que les mêmes combinaisons se reproduisent, puisque le nombre des combinaisons possibles serait extrêmement limité. Si cette hypothèse est séduisante, elle implique de démontrer la réalité du mécanisme impliqué, en nous appuyant sur de solides arguments, notamment neurologiques.


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