Poésie et ethnographie : des marges du surréalisme à la Beat Generation (autour de Michaux, Césaire et Ginsberg)

par Mathieu Perrot

Projet de thèse en Littérature et poétique comparées

Sous la direction de William Marx.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) , en partenariat avec Centre de recherches en littérature et poétique comparées (Nanterre, Hauts-de-Seine) (laboratoire) depuis le 29-09-2011 .


  • Résumé

    L’ethnographie, dans la première moitié du XXe siècle, a influencé l’écriture des poètes surréalistes, ou proches du mouvement de Breton, et ceux de la Beat Generation. Comme les ethnographes, Michaux, Césaire et Ginsberg ont rejeté la tentation de l’exotisme, et ont tenté, chacun à leur façon, de décrire des phénomènes culturels, de chercher “l’âme” d’un peuple, et de “traduire le monde” par la poésie. Nourris de lectures ethnographiques, ils ont voyagé, utilisé des documents dans leurs journaux et leurs poèmes, et ils ont exploré des cultures différentes à partir des marges sociales. Inspirés par l’ethnographie, ils l’ont aussi parodiée, en montrant ses limites, ses ambitions et ses ambiguïtés, en proposant aussi des ethnographies imaginaires, satiriques, pour inventer d’autres mœurs, d’autres logiques, d’autres possibilités de vivre ensemble. En interrogeant les méthodes et les enjeux éthiques et politiques de l’ethnographie dans l’écriture des poètes, nous posons aussi la question de l’existence d’un genre littéraire : peut-on parler de “poésie ethnographique” ?


  • Résumé

    That thesis examines the influence of anthropology on the poetics of Henri Michaux, Aimé Césaire and Allen Ginsberg. In studying their writing methods, I question their poetic insights and the limits of their observations to “translate a world” so far and different from “ours.” Surrealist and Beat poets shared common ethical and political views with many ethnographers, placing value on cultures (and cultural margins) often denigrated by industrialized western countries. Like ethnographers, poets work with metaphors and documents to interpret their experience and understanding of the world. Their interest in (and parodies of) ethnography not only propose a healthy way to criticize ethnographers’ ambitions, but also can help us understand each other’s cultures: poetic license and relative brevity of form sometimes reveal accurately or more vividly a cultural pattern that researchers struggle to explain. In the midst of an interconnected world where cultural misunderstandings escalate frequently and sometimes violently, poetry can help us gain or cultivate an awareness of social and cultural prejudice, and at the same time reveal the beauty in things once thought to be irrelevant, ignoble, or even despicable