L’"exil" français de D’Annunzio (1910-1915). : reconstruction d’une expérience intellectuelle et littéraire

par Andrea Quarta

Projet de thèse en Etudes romanes italiennes

Sous la direction de Davide Luglio.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) depuis le 01-12-2011 .


  • Résumé

    Ce projet de recherche est centré sur la période d’exil volontaire que l’écrivain italien Gabriele d’Annunzio (1863-1938) passa en France, très exactement du 24 mars 1910 au 3 mai 1915. Gabriele d’Annunzio, le dernier Vate d’Italie, quitta sa patrie pour se réfugier en France et ainsi fuir ses créanciers qui lui réclamaient sans cesse leur dû. En effet, il s’endetta énormément pendant son séjour à la Capponcina (1898-1910), la fameuse propriété qu’il possédait à Settignano (non loin de Florence) ; il y vivait dans un luxe effréné, tel un seigneur de la Renaissance, avec la célèbre actrice Eleonora Duse ou d’autres femmes avec lesquelles il tissa d’étroits liens sentimentaux. À son arrivée en France, le 24 mars 1910, l’écrivain italien séjourna tout d’abord dans un luxueux palace parisien, avant de s’établir à Arcachon. Lors de son passage à Paris, D’Annunzio entra en contact avec un certain nombre d’intellectuels qui étaient désireux de le connaître, autant par curiosité que parce qu’ils l’admiraient (Robert de Montesquiou-Fézensac, Victor Bérard, Anatole France, Claude Debussy, Igor Stravinsky, Leon Bakst, Ida Rubinstein, Maurice Barrès, André Gide, Pietro Mascagni, George Hérelle (son premier traducteur en français), l’éditeur italien Sommaruga qui avait déjà publié un certain nombre de ses œuvres (Canto Novo et Terra vergine en 1882, Intermezzo di rime et Il libro delle vergini en 1884) ou encore Amélie Mazoyer (qui deviendra par la suite et jusqu’à sa mort une étroite collaboratrice). Durant le quinquennat qui nous occupe, D’Annunzio écrivit des œuvres en français comme Le martyr de Saint Sébastien (1911) et Parisina ou la Mort parfumée (1912), et rédigea en italien le quatrième livre des Laudi del cielo del mare della terra e degli eroi intitulé Merope: le canzoni delle gesta d’oltremare (1911-1912) ; il produisit aussi un certain nombre de proses autobiographiques comme les premières Faville del maglio. Memoranda qui seront publiées sur le Corriere della Sera, même si elles furent d’abord produites pour Excelsior de Pierre Lafitte, sous le titre Confessions et inventions.Le séjour de d’Annunzio sur le territoire français se conclut le 3 mai 1915 lorsque, poussé par l’ardente campagne interventionniste qui se déchainait alors en Italie, il décida de rentrer dans son pays.Si l’exil volontaire de d’Annunzio en France représente l’une des périodes les plus significatives de sa vie, il n’a malheureusement jamais été l’objet d’une étude analytique de la part des critiques, ces derniers ayant plutôt focalisé leur attention sur les séjours que le poète effectua à Rome, en Toscane, à Fiume ou sur le lac de Garde.


  • Pas de résumé disponible.