Les origines des artistes chercheurs des années 2000 : copie, narration, fiction.

par Charlotte Cosson

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Arnauld Pierre.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris) depuis le 02-12-2011 .


  • Résumé

    Les années 2000 ont vu se dessiner une nouvelle tendance au sein de laquelle les artistes utilisent des méthodes s’apparentant plus à celles d’universitaires qu’à celles de plasticiens. Recherches en bibliothèque, écriture d’essais ou conférences-performances forment les œuvres de Jochen Dehn, Louise Hervé & Chloé Maillet, Benoît Maire, Benjamin Seror, Raphaël Zarka et bien d’autres au même titre que des objets plus tangibles. Or, la façon dont ces artistes relatent et connectent les connaissances hétéroclites qu’ils ont accumulées n’a rien d’habituel. Ils multiplient en effet dans leurs narrations des digressions, d’improbables liens, voire des erreurs calculées. L’importance de la narration et du discours n’a donc fait qu’augmenter depuis les années conceptuelles et leurs artistes théoriciens. En parallèle, les questionnements de ces penseurs sur la frontière entre fiction et réalité se sont mués au fil des ans en interrogations sur les vérités. Alors que Lyotard a proclamé la « fin des grands récits » au crépuscule des années 1970 et que Bourriaud a fait l’apologie d’une esthétique dite « relationnelle » près de deux décennies plus tard, comment expliquer ces contes contemporains fonctionnant principalement par création de liens ?Cette thèse propose ainsi de remonter une généalogie de l’inclusion grandissante de la narration au sein de l’art des vingt dernières années. L’emprunt de méthodologies à la littérature, la science et la critique – et notamment aux post-colonial et cultural studies – sera une des pistes à explorer. En effet, l’utilisation de toutes les données, sans souci de leur appartenance au monde de l’art ou de la high culture, est caractéristique de ces études comme des pratiques précédemment citées. Les savoirs y sont comme des ingrédients à utiliser dans des « œuvres-laboratoires » où leurs combinaisons potentielles sont testées. De plus, ces nouvelles façons d’appréhender la connaissance – par la remise en question des rapports de forces qui la sous-tendent – sont au cœur des pratiques contemporaines, et sont mêmes parfois revendiquées, comme dans l’œuvre de Mathieu Kleyebe Abonnenc.


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