L'universitarisation des études infirmières dans les Instituts de Soins Infirmiers en Lorraine : l'empreinte d'une histoire institutionnelle, la transmission d'un"héritage culturel" sont-elles encore possible ?

par Concepcion Szyba (Zufia)

Projet de thèse en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Eirick Prairat.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 20-09-2011 .


  • Résumé

    La profession infirmière a traversé diverses crises identitaires en lien avec leur besoin de reconnaissance et leur demande d’autonomisation. Ces crises ont abouti à la mise en place de nouveaux programmes d’études. L’évolution des programmes d’enseignement en soins infirmiers témoignent d’une complexification des pratiques infirmières liées à l’évolution des besoins de soins dans nos sociétés ainsi qu’à l’évolution des découvertes médicales. En 1992 les lieux d’enseignement fusionnent pour devenir des Institutions de Formation de Soins Infirmiers (IFSI), les élèves deviennent des étudiants. Le programme spécifique pour les infirmières de secteur psychiatrique disparaît pour céder la place à un curriculum unique prônant la polyvalence du professionnel. Les étudiants diplômés peuvent trouver un emploi dans toutes les disciplines hospitalières. Cependant, chaque IFSI, à partir d’un programme commun et national, construit un projet pédagogique dans lequel certaines valeurs véhiculées par l’histoire de l’Institut sont bien présentes . Le concept commun que l’on retrouve dans ces écoles est celui d’Humanisme. Avec le programme de 2009 et l’universitarisation des études (LMD suite aux déclarations de Bologne), la formation infirmière est à un tournant important de son histoire car elle s’inscrit dorénavant dans un contexte de mondialisation des échanges et, de plus, prépare les futurs professionnels à la possibilité de poursuivre en études supérieures. Ce nouveau curriculum aborde la théorie à travers une posture réflexive de l’étudiant afin de lui permettre de comprendre les liens entre théorie/pratique et pratique/théorie s’opposant ainsi au programme de 1992 articulé en modules d’enseignements ciblants des pathologies au travers de systèmes organiques. Cette démarche réflexive bouleverse le rapport théorie/pratique car elle opère un changement radical dans la hiérarchisation cognitive précédente et les représentations du savoir. Ce nouveau référentiel de formation a également obligé les IFSI à revoir leur projet pédagogique car obligation leur est faite d’y inclure des universitaires chercheurs responsables de certaines unités d’enseignement. Une fois la formation initiale amorcée, l’étudiant va être rapidement confronté à un idéal de la profession véhiculée par un savoir didactique et une réalité professionnelle sur le terrain lors de stages pratiques. Cette phase d’immersion dans la culture professionnelle va amener l’étudiant vers une identification à un groupe de référence auquel l’étudiant souhaite appartenir dans l’avenir. Cette immersion débute à l’IFSI où les formateurs transmettent leur propre culture professionnelle avec leur sensibilité et leurs représentations professionnelles dépendant de la culture dans laquelle eux-mêmes ont été immergés lors de leur formation. Ainsi chaque IFSI a une responsabilité importante de « marquage identitaire » selon la constitution des membres de l’équipe pédagogique et l’histoire de l’institution. Mais le référentiel de formation LMD a-t-il eu la même interprétation dans tous les IFSI de Lorraine? Ce nouveau programme de formation laisse-t-il encore place à une identité spécifique Institutionnelle ? Les IFSI peuvent-ils encore léguer « leur patrimoine culturel » à travers leurs projets pédagogiques dans ce programme universitaire?


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