Les tudors (1485-1603) ; un outil de la construction de l'identité nationale anglaise

par Mathieu Nourry

Projet de thèse en Langues, Littératures et Civilisations

Sous la direction de Pierre Degott et de Bernard Cottret.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 22-09-2011 .


  • Résumé

    En Angleterre, la monarchie occupe une place considérable dans la construction de l'identité nationale. Il n'y a qu'à constater la foule qui s'est massée devant le palais de Buckingham lors du mariage du prince William, en avril dernier, et les centaines de personnes qui agitaient le drapeau de l'Union Jack en signe de soutien à la monarchie. Pour autant, l'avenir de la monarchie britannique divise. Il y a ceux qui y voient une tradition archaïque, qui heurte le sens de l'égalité et de la méritocratie, et ceux qui la voient comme une garantie de stabilité et de continuité pour la nation. Mais même les antimonarchistes admettent que la Couronne est liée à l'histoire et à l'identité nationale. Il est donc légitime de se demander pourquoi la monarchie importe-elle autant encore aujourd'hui. Cette étude aspire à démontrer que ce phénomène d'identification nationale lié à la monarchie anglaise remonte au XVIe siècle, alors que le pays était placé sous le règne de la dynastie Tudor. L'idée de cette thèse serait donc de trouver des éléments qui permettront d'affirmer qu'avant les Tudors, la question d'identité nationale ne se référait pas à la monarchie, et de prouver que la dynastie est bel et bien à l'origine de ce lien qui unit le peuple anglais à son monarque – un lien qui persiste encore aujourd'hui. Bien sûr, il serait anachronique de parler de « nationalisme » sous les Tudors, mais ce n'est pas parce que le mot n'existait pas au XVIe siècle, que la notion elle-même n'existait pas. Le simple fait qu'en Henri VIII cherchait toujours à surpasser ses rivaux et contemporains (François Ier et Charles V) traduit de sa volonté de mettre l'Angleterre en avant sur la scène internationale. On pourra dire que les Tudors étaient des souverains tyranniques, mais leurs actions ont souvent été tournées vers l'intérêt du pays. L'ère Tudor voit l'émergence de symboles, de héros nationaux et d'idées à tendances progressistes. Ainsi, la dynastie Tudor est celle qui a arraché l'Angleterre à l'obscurantisme médiéval et qui a établit les bases d'un état moderne. Cette idée trouve son fondement dans les faits, bien sûr, mais aussi dans ce que Tillyard a qualifié de « mythe Tudor », cette propagande qui s'est diffusée à travers les écrits des historiens et des dramaturges au fil du temps. Ainsi, on pourrait se demander quel est le rôle réel de la monarchie dans l'élaboration du « nationalisme » anglais. Dans quelle mesure ce « nationalisme » passe-t-il par la mythification de la monarchie ? Comment la dynastie Tudor a-t-elle réussi à contrôler sa propre image auprès du peuple ?


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