Poétique et interprétations de la plastique dans les albums et les livres-objets pour la jeunesse.

par Philippe Morlot

Projet de thèse en Langues, Littératures et Civilisations

Sous la direction de Christian Chelebourg.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 27-09-2011 .


  • Résumé

    Munari, posant ces deux questions : « Qu'est-ce qu'un livre ? À quoi sert un livre ? », introduit dès les années 1950 l'art, sous ses formes futuristes ou abstraites, dans le livre pour la jeunesse. En 1919 parait Macao et Cosmage d'Edy-Legrand, dans lequel l'influence du japonisme ou de l'art déco contribue à inscrire cet album dans les mouvements artistiques contemporains. Dès les années 1920, des artistes de l'avant-garde russe utilisent le livre pour la jeunesse comme un objet esthétique pour développer une œuvre en accord avec leurs propres préoccupations artistiques. Nous constatons dès lors que de nombreux albums de littérature de jeunesse présentent dans leurs illustrations des références à des œuvres d'art et des procédés de création propres aux arts visuels. Il est intéressant d'en comprendre l'intérêt face à un jeune lectorat qui ne possède pas cette culture. Il nous faut interroger la démarche, les conceptions et la volonté qui conduisent des illustrateurs à puiser dans ces ressources pour leurs créations.La médiation autour du livre jeunesse doit alors se penser en prenant en compte cette entrée. Elle donnerait ainsi une raison d'être supplémentaire à ce qu'on nomme la lecture d'images qui nécessiterait, de fait, un véritable savoir-faire et une culture conséquente tant dans le domaine littéraire que dans celui des arts visuels.Ce travail de recherche cible trois questions : Comment établir un rapport entre la littérature de jeunesse et les œuvres d'art ? Si ce rapport existe, comment joue-t-il dans la lecture de ces ouvrages ? Qu'elle serait alors la part de la littérature jeunesse dans la construction d'une première culture littéraire et artistique ?

  • Titre traduit

    Poetics and interpretations of the plastic dimension in illustrated books and art object books for the youth


  • Résumé

    During the 1950s, Bruno Munari introduced plastic art – in its futurist, concrete or abstract forms – in the book for the youth, asking these two questions: “What is a book ? What is the purpose of a book?” In 1919 was published Macao et Cosmage ou l’expérience du bonheur, by Edy-Legrand. The influences of japonism, cubism and Art Deco, made the book part of contemporary artistic movements. The book for the youth was also used in the 1920s by the Russian avant-garde artists, in its aesthetic dimension, playing with the plastic elements to develop an artwork matching their own artistic preoccupations. Therefore, we notice that a lot of books for the youth are filled with references, quotations or even pastiche of art-work and process of creation coming from a shared cultural capital. It is then interesting to understand their aim, since the readers don’t share yet the required capital to appreciate or decode these cultural references. We also need to question the approach, the conceptions and the will leading illustrators to use these resources to create their own images. Some of them are first and foremost plastic artists, as for Bruno Munari or Kveta Pacovska. Others, like Anthony Browne, are in a constant dialog with art works; or exhibit their work as part of an artistic approach, like Anne Herbauts. The mediation around the book for the youth must then be thought by taking into account this entry. It would thus give an additional reason to promote the image reading, therefore requiring a real know-how and a consequent culture in both literature and visual arts fields. I intend to conduct a research on several questions deriving from these observations. I will focus on three questions: How to establish a connection between illustrated books and art object books for the youth and art work? If this link exists, how does it play a role in the reading of these books? Thus, what part would have the youth literature in the building of a first literary and artistic education?