Apport des esclaves et engagés originaire du sud de l’Inde à la médecine populaire réunionnaise : une approche ethnobiologique des composés végétaux, organique et minéraux.

par Stéphane Savriama

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Laurence Pourchez.


  • Résumé

    Les travaux de Jean Benoist (1975, 1993, 1998), ceux de Patrice Cohen (2000), de Laurence Pourchez (2001, 2002), ont montré l ‘importance de la médecine traditionnelle dans la population réunionnaise et particulièrement la prégnance du rapport aux plantes médicinales. Les travaux de Christian Ghasarian (1993), quant à eux, ont montré toute l’importance des végétaux dans la vie quotidienne et rituelle des réunionnais revendiquant une ascendance indienne.De manière plus large, l’utilisation de préparations médicinales traditionnelles utilisant tant des végétaux que des minéraux ou des composés organiques est très répandue au sein de la population réunionnaise. La fabuleuse biodiversité dont est dotée l’île de La Réunion est d’ailleurs reconnue au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis l’année dernière (août 2010). Du point de vue des végétaux, si l’emploi des plantes endémiques a fait l’objet de nombreuses études (notamment Lavergne, 1990), les usages associés aux plantes exotiques sont un peu moins étudiés.Sachant que les propriétés pharmacologiques d’une plante reposent sur des considérations chimiques, nous nous attacherons tout particulièrement à établir des corrélations entre la composition chimique et/ou les constituants actifs de la plante et son utilisation en médecine traditionnelle.Il s’agit donc de déterminer la manière dont les plantes sont utilisées à l’aide d’entretiens de type semi-directif, de récits de vie et d’observations. Pour les plantes les plus couramment citées, on recensera ensuite dans la littérature les principales molécules produites par la plante. On fera relier les observations avec la chimiotaxonomie, un genre botanique donné produisant majoritairement une famille de molécules donnée. Ces derniers pourront faciliter la corrélation que l’on cherche à établir, notamment avec des méthodes comme celle de « l’ovale ».Cette méthode développée par Monica Wenner et Ruth Von Braunschweig, (2007) permet en effet d’élaborer un aromatogramme de la plante mettant en relation ces constituants chimiques et les activités thérapeutiques possibles.Quant aux autres composés organiques et minéraux intervenant dans la médecine populaire réunionnaise, on identifiera les molécules impliquées dans ces préparations traditionnelles. On tentera également d’établir une correspondance entre ces molécules et la manière dont ces composés sont utilisés. De la même façon pour les plantes, on déterminera ces utilisations populaires à l’aide d’entretiens semi-directifs et d’observations de terrain. On s’appuiera sur la littérature pour déterminer la nature des molécules présentent.Nous appuyant sur les travaux anthropologiques existant sur la médecine populaire du sud de l’Inde, nous nous attacherons, par ailleurs, à émettre des hypothèses quant à la part d’indianité dans les conduites thérapeutiques recueillies, en cherchant à établir si certaines pratiques de cette médecine populaire réunionnaise trouvent leurs origines en Inde.Cette étude se propose donc de conjuguer sciences humaines (en particulier ethnobiologie) et sciences dures (chimie des substances naturelles) afin d’établir une correspondance entre l’usage des plantes dans la médecine populaire réunionnaise et les molécules qui sont présentes dans ces plantes tout en déterminant la part d’indianité de ces pratiques.


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