L'écologie politique entre mouvements d'idées et structuration partisane de la fin des années 1970 au début des années 1990

par Sébastien Repaire

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Jean-François Sirinelli.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Notre recherche s’emploiera à répondre à plusieurs questions relatives à la naissance de l’écologie politique en France. La première est celle de la compatibilité entre l’écologie politique et la notion même de parti politique. La structuration partisane, en effet, semble constituer dès l’origine un défi pour un mouvement qui fut d’abord associatif et prétend mener un combat qui dépasse les clivages politiques traditionnels. Incapables de s’organiser en parti politique, les écologistes se trouvent longtemps relégués au rôle de marge politique émiettée et disparate, malgré les tentatives de fonder un parti qui marquent la mouvance dans la deuxième moitié des années 1970 et au début des années 1980. Il faut attendre 1984 et la naissance des Verts pour voir enfin une stratégie de structuration partisane aboutir au sein du mouvement écologiste. Cet événement n’est pas pour autant synonyme d’unité : dès les élections européennes de 1984, la liste des Verts doit en effet affronter la concurrence d’une liste menée par Brice Lalonde et regroupant des personnalités du centre ; ce dernier fonde d’ailleurs en 1990 un parti concurrent, Génération Ecologie. Le poids des origines sur le fonctionnement des Verts à partir de 1984 est un autre problème qui mérite d’être posé. Habitués depuis les années 1970 à évoluer dans une mouvance politique bouillonnante échappant à toute organisation partisane pérenne, comment les écologistes s’adaptent-ils à leur nouveau mode d’organisation ? Est-ce pour eux l’occasion d’inventer de nouvelles pratiques politiques ? Une troisième question, essentielle, est celle de la diffusion de l’imaginaire écologiste auprès de l’électorat ainsi que des autres partis politiques, notamment de gauche. Dès le milieu des années 1970, en effet, l’écologie devient une problématique importante dans des partis tels que le PSU, comme le montre la récurrence des articles consacrés à ce thème dans la revue Tribune socialiste. Quant au Parti Socialiste, il se montre de plus en plus préoccupé par l’environnement tout au long de la décennie 1980. C’est donc bien l’imprégnation des thématiques écologistes dans le débat politique en France qu’il s’agit d’évaluer, ainsi que le rôle tenu par les Verts dans ce processus.


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