Le "Thrène" (al-Rita) dans la poésie arabe: Une approche stylistique composite en vue d'un prototype éventuel

par Georges Hosri

Projet de thèse en Langues, Littératures et Civilisations

Sous la direction de Laurence Denooz et de Joseph Dichy.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 30-09-2011 .


  • Résumé

    La définition du « thrène » est très problématique et a suscité plusieurs controverses. En l’occurrence, il convient que les recherches littéraires s’interrogent, si possible, sur les critères « objectifs » qui permettront de formuler une définition fiable et définitive du « thrène » dans la poésie arabe. Également, il importe de cerner tous les indices éventuels de ce genre poétique en sorte qu’ils englobent temporellement, thématiquement et stylistiquement, les thrènes déjà diffusés et ceux qui le seraient. Ainsi, les hypothèses de notre travail reposent sur quatre postulats :Postulat 1.- Le « thrène » n’est pas caractérisé en tant que genre ou sous-genre poétique exclusivement par la simple relation thématique avec l’« éloge » : évocation poétique de la mort, sous forme pessimiste ou méliorative (louer le défunt…), le thrène est catégorisable en fonction du contexte énonciatif et de ses constituants.Postulat 2.- Il existe un lexique propre au «thrène», indépendant du mouvement de langue et cultures arabes (courants littéraires, politiques, mythes,…). Postulat 3.- S’il est stérile de tenter de chercher un système grammatical et rhétorique assimilé, proprement, au « thrène », il semblerait fructueux de solliciter un système phraséologique, rythmique et générique typique du « thrène », un système qui soit subordonné à certains changements éphémères et passagers, par rapport aux thèmes communiqués et formes poétiques envisagées (classique/moderne). Postulat 4.- La relation pressentie entre « thrènes », poètes, époques et contextes est apte à être normalisée statistiquement, en tenant compte du fait que les corrélations entre ces éléments sont complémentaires et influencées par des paramètres modifiables tant sur le plan synchronique que sur le plan diachronique. Quant aux méthodes et outils envisagés, notre étude prendra en considération : a. la stylistique historique, synchronique qui aura recours aux sources critiques, lexicologiques, grammaticales et rhétoriques de la littérature arabe.b. la stylistique sérielle sous-jacente à la stylistique des genres, qui rapprochera les traits stylistiques repérés dans chaque échantillon et les comparera à un ensemble plus vaste (les échantillons de l’époque et le corpus tout entier). Cependant, pour ne pas amoindrir l’objectivité de notre travail, l’approche quantitative aura « le mérite de rationnaliser [notre] méthode critique ». À ce stade, une fois les échantillons dépouillés, lemmatisés et segmentés, les méthodes statistiques seront orientées, consciemment et systématiquement, vers l’identification des dominantes stylistiques, leur définition, leur analyse et leur interprétation, si possible, sous la « norme » des sous-corpus dans leur totalité synchronique, puis sous la « norme » du corpus dans sa totalité diachronique. Pour ce faire, notre thèse traitera 120 échantillons poétiques émanants de 60 poètes et sélectionnés selon les critères suivants :a. Les « thrènes » seront classés d’après huit époques interdépendantes sous l’angle de l’histoire politique du monde arabe : l’époque préislamique (I), l’époque islamique (II), l’époque umayyade (III), l’époque andalouse (IV), l’époque abbasside (V), l’époque du déclin (VI), l’époque moderne (VII : 1800-1947), l’époque contemporaine (VIII : 1948-…).b. Ce qui importe c’est la date de composition du poème et non les dates de vie et de mort du poète : ainsi si un poète a vécu entre deux époques, son poème sera-t-il classé dans l’époque à laquelle il a été créé.c. Les poètes et les échantillons sont sélectionnés, entre autres, dans l’intention d’aborder, autant que possible, les phénomènes littéraires, politiques et sociaux révélateurs de la période approchée. d. Le corpus sera délimité par cent-vingt poèmes-échantillons qui seront proportionnés, l’un à l’autre, au niveau des mots.e. La catégorisation des échantillons parmi le « thrène » procèdera de la prédominance de ce thème sur les autres sous-thèmes qui pourraient coexister dans le même poème.f. Ces échantillons, répartis en quatre thèmes proposés au « thrène », appartiennent à soixante poètes : deux poètes pour chaque thème étendus sur huit époques hormis l’époque du déclin qui sera réduite à quatre poètes ; et ceci pour manque d’intérêt littéraire que l’on confère à cette période qualifiée ainsi.


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