La place de l'épithète et ses effets de style dans deux romans du XIXe siècle : El Señor de Bembibre d'Enrique Gil y Carrasco et Los Pazos de Ulloa d'Emilia Pardo Bazan

par Christelle Hopp

Projet de thèse en Langues, Littératures et Civilisations

Sous la direction de Marie Roig Miranda et de Bernard Combettes.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 21-09-2011 .


  • Résumé

    La place de l’épithète a pendant longtemps été étudiée en ne prenant en considération que le système de la langue. La position de l’adjectivation n’était alors qu’une occurrence hors contexte et la recherche de règles sur la position de l’épithète devenait un vrai « casse-tête ». La linguistique énonciative s’oppose aux thèses structuralistes développées au début du XIXe siècles, selon lesquelles la linguistique devait se limiter à l’étude de « la langue en elle-même et par elle-même », celle-ci étant définie comme un système de signes linguistiques qui est régi par une série de règles grammaticales. Envisager le phénomène de l’adjectivation à l’intérieur même du discours permet de prendre en considération le locuteur et l’actualisation discursive des phrases de la langue. Je pense que le choix de la place de l’adjectif dépasse le domaine de l’énoncé et de l’énonciation, elle nous donne des indices sur la prise de position du sujet parlant à l’égard des contenus énoncés. L’objectif de mon travail de recherche consiste à m’interroger sur les éléments qui peuvent faire varier l’antéposition et la postposition de l’épithète dans le discours. Je crois qu’il faut distinguer les adjectifs « déictiques » qui sont liés au cadre spatio-temporel ; les adjectifs qui traduisent un jugement de valeur évaluatif sur le substantif (ex. : triste) et les adjectifs affectifs (ex. :doloroso). Il convient également de prendre en considération les adjectifs de modalités (ex. : supuesta novia) qui ne qualifient pas le substantif mais montrent à quel point le concept s’ajuste ou non à l’idée du locuteur. Dans mon travail de recherche, je m’intéresse également aux unités de la langue qui permettent au locuteur d’affirmer son dire et qui relève de l’argumentation énonciative (ex. : verdadero). Toutes ces unités ont donc un rôle pragmatique, je pense que leur emploi constitue une stratégie énonciative particulière. Je crois que tous ces éléments servent à l’orientation argumentative du discours. Par ailleurs, il serait intéressant de prendre en considération les constituants thématiques : l’information ancienne dépend-elle des connaissances encyclopédiques du locuteur ? Nous enferme-t-il dans son univers du discours ? L’antéposition a-t-elle lieu uniquement lorsque le locuteur reprend un qualificatif qu’il a mentionné auparavant dans son discours car il s’agit désormais d’une information connue par le récepteur ? Ou, au contraire, l’antéposition peut-elle être perçue comme une présupposition qui amène le lecteur à adhérer à la vision du destinateur ? La place de l’épithète dépend-elle du type de discours : narration, description, réflexion… ?


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