L'évolution des pratiques culinaires chez les migrants marocains depuis 1956, entre approche monographique et approche comparée

par Marie Caquel

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Didier Francfort.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 16-09-2011 .


  • Résumé

    L’évolution des pratiques alimentaires chez les migrants marocains. Entre une approche monographique et une approche comparative. Les pratiques alimentaires, comme la langue, sont les traits de la culture qui restent les plus ancrées dans l’identité du migrant. Ainsi, quand il arrive dans le pays d’accueil, le migrant va essayer de reconstituer, au travers de l’alimentation, des repères qu’il a perdus en quittant son pays d’origine. Il s’agit non pas simplement d’établir une liste des ingrédients et des méthodes abandonnées ou au contraire perpétuées dans le pays d’installation mais de comprendre comment à travers la cuisine et l’alimentation, en partant du principe qu’il n’y a pas une identité figée « de départ » et une identité stable « d’arrivée » chez les migrants, les identités se recomposent et se reconstruisent. Les populations étudiées sont les migrants marocains, mais pas seulement, car l’objectif de ce travail est aussi de comprendre les rouages de la transmission de l’identité. Ainsi plusieurs générations au sein d’une même famille d’origine marocaine pourront illustrer les phénomènes étudiés. Cette étude, dont les bornes chronologiques s’étendent du début du XXe siècle à nos jours s’inscrit dans plusieurs espaces géographiques. En effet, partant de l’affirmation d’Abdelmalek Sayad qu’on ne peut considérer l’immigré sans prendre en compte qu’il est aussi un émigré, d’une part et en prenant en compte la réalité des retours dans le pays d’origine d’autre part, le Maroc fait donc partie des espaces étudiés. Trois espaces en tant que pays d’installation sont analysés : la France, la Belgique et l’Espagne (les trois premières destinations, avec l’Italie, des migrants marocains), afin de permettre d’établir une comparaison au sein d’un espace européen, en mesurant les différences chronologiques, contextuelles et structurelles des formes d’immigration dans chacun de ces pays ainsi que leur fonctionnement politique propre. Cette thèse, qui s’inscrit dans le courant de l’histoire culturelle, trouve néanmoins ses sources et ses méthodes au sein de l’ensemble des sciences humaines et sociales. Elle s’intéresse aussi aux sociabilités liées à la cuisine, aux tabous alimentaires et interroge l’histoire des genres dans les pratiques de la cuisine. Les entretiens constituent une partie importante des sources utilisées. Le discours scientifique part d’un questionnement très divers : Comment les premiers migrants marocains se sont-ils adaptés au pays d’installation quand celui-ci n’offrait pas les produits qu’ils avaient l’habitude de consommer ? Quels changements se sont opérés tout au long de l’évolution structurelle de cette immigration (regroupement familial, transnationalisme…) ? Comment les descendants de ces migrants ont –ils gardé attache avec la culture de leurs parents à travers la cuisine ? Dans quelle mesure la culture française s’est enrichie de cette culture migrante jusqu’à en intégrer certains aspects ?


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