L’esthétique du cynisme dans le théâtre contemporain

par Caroline Thieblemont

Projet de thèse en Etudes théâtrales

Sous la direction de Hélène Kuntz.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) depuis le 21-11-2011 .


  • Résumé

    La scène contemporaine voit fleurir, depuis la fin des années quatre-vingt, bon nombre de pièces qui laissent s’exprimer un point de vue cynique sur le monde. Dans un mouvement global caractérisé par le regain d’intérêt des auteurs envers des thématiques tirées du réel, ce cynisme semble correspondre à un désintérêt des individus pour le politique, à l’indifférence du sujet pour le devenir collectif. Plus encore que dans les textes et sur les scènes, c’est dans les esprits que le cynisme s’est insinué, obligeant à repenser le théâtre en fonction d’un nouveau public qui ne croit plus aux utopies d’antan. Il s’agit donc ici d’analyser ce phénomène, en déterminant ses causes, historiques, sociologiques et dramaturgiques, ainsi que ses conséquences sur les rapports entre le théâtre, les artistes et les spectateurs. Quel plaisir le public peut-il retirer du spectacle du cynisme, si le théâtre n’est plus ‘commentaire’ sur le monde, selon la formule de Barthes ? La multiplication des formes du cynisme sur scène constitue-t-elle une réponse au ‘complexe d’austérité’ formulé par Vladimir Jankélévitch dès les années 50, qui postule que l’homme a ‘horreur de ce qui le tente et envie de ce qui le tourmente’ ? Aristote apporte un début de réponse dans la Poétique, alors qu’il explique que l’homme a naturellement tendance à imiter ce qui se passe autour de lui, et à apprécier la représentation de l’imitation. Il faudra donc se demander si, face au spectacle du cynisme, le spectateur ne ressent pas un plaisir en écho au désarroi qu’il éprouve intimement, heureux de voir sur scène la représentation des turpitudes qui l’agitent intérieurement.


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