Jean Eustache : génétique et fabrique

par Kentaro Sudoh

Thèse de doctorat en Etudes cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Nicole Brenez.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) depuis le 09-11-2011 .


  • Résumé

    Le présent travail se consacre à une étude génétique de l’œuvre de Jean Eustache (1938-1981), saisie dans ses accomplissements comme dans ses projets et esquisses inachevés. En se fondant sur des archives jusqu’alors inexploitées (Cinémathèque française, Inathèque, IMEC et collections personnelles), en recueillant des témoignages inédits (producteurs, chefs opérateurs, assistants, acteurs, collaborateurs, amis et famille du cinéaste), en analysant aussi bien des scénarios, notes d’intention ou dossiers de production que les films eux-mêmes, notre recherche restitue l’ensemble du parcours créatif de Jean Eustache, dans ses tours et détours. Analyse de création, la méthode consiste à retracer de la façon la plus documentée possible la démarche qui a permis l’éclosion d’une œuvre. Comment s’articulent constance de l’entreprise autobiographique et diversité des conditions de production ? Qui amène le cinéaste à réaliser le manifeste inédit Numéro zéro (1971) ? Comment La Maman et la putain (1973) et Mes petites amoureuses (1974) sont-ils presque simultanément élaborés ? Comment l’idée des essais expérimentaux, Une sale histoire (1977) ou Les Photos d’Alix (1980), est-elle née ? Comment créer de façon aussi personnelle dans le cadre du cinéma d’auteur et dans celui de la Télévision publique ? Telles sont quelques-unes des questions factuelles auxquelles ce Doctorat répond, qui permettent d’éclairer les choix esthétiques propres à Jean Eustache.

  • Titre traduit

    Jean Eustache : genetics and works


  • Résumé

    The dissertation conducts a genetic study of Jean Eustache’s work (1938-1981) as seen through his completed films as well as unfinished projects and drafts. In being based on archives, so far undeveloped (Cinémathèque française, Inathèque, IMEC and personal collections), carrying out interviews with his former producers, directors of photography, assistants, actors, collaborators, friends, or family, and in analyzing not only his movies but also his film scripts, director’s memos or production files, the dissertation reconstructs Eustache’s whole creative journey with its twists and turns. As analysis of creation, the method seeks to trace in the most documented manner possible the process that gave rise to Eustache’s œuvre. How are connected his everlasting autobiographical undertaking and the various conditions of productions? What has leaded him to produce the filmic manifesto Number Zero (1971)? How are The Mother and the Whore (1973) and My Little Loves (1974) produced almost simultaneously? How was born the idea for experimental film essays such as A Dirty Story (1977) or Alix’s Photos (1980)? How one can create originally within both the author cinema and Public Television? This doctoral study replies to these factual questions, which enable to clarify Jean Eustache’s aesthetic and cinematic specific choices.