Cinéma portugais en révolution. 1974-1982 : genèse, enjeux, perspectives.

par Mickael Robert (Robert-Gonçalves)

Projet de thèse en Etudes cinématographiques et audiovisuelles


Sous la direction de Nicole Brenez.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 16-11-2011 .


  • Résumé

    En se concentrant sur une période courte et libératrice de l’histoire du Portugal contemporain, ce travail vise à établir ce que la révolution, pensée comme processsus, événement et rupture, a provoqué dans la production cinématographique. L’aire chronologique correspond donc aux années de la Révolution portugaise de 1974-1975 puis ses soubresauts jusqu’en 1982. Pour saisir ce moment complexe et singulier, l’observation des liens entre cinéma et politique est proposée à travers les rapports de force existants entre le régime, les institutions et le monde du cinéma. L’existence d’un cinéma révolutionnaire, qui accompagne un processus de changement social et politique radical et se révolutionne lui-même, se perçoit à travers des conflits et des enjeux de pouvoir. De la remise en question du modèle de production – l’avènement d’un modèle coopérativiste – à la volonté de diffuser autrement les films, en passant par les problématiques soulevées par la politisation des pratiques artistiques, les cinéastes n’ont alors eu de cesse de pouvoir mettre en crise les modalités de création. L’analyse de plusieurs films particulièrement significatifs montre que la rencontre entre la révolution et le cinéma offre des potentialités créatives nombreuses : des saillies pamphlétaires manifestent les nécessités du processus, les usages du cinéma-direct semblent faire corps avec l’événement, et l’idée de film-révolution au coeur de Bon peuple portugais (Bom Povo Português, 1981) de Rui Simões incarne, au cinéma, la rupture ouverte par le fait politique. Ce travail est animé par une double ambition. D’abord, grâce aux témoignages des cinéastes et producteurs de l’époque, il s’agit de proposer de nouveaux éclairages sur un pan encore méconnu et sous-évalué de l’histoire du cinéma portugais. Ensuite, à la faveur de l’étude des rencontres pratiques et formelles entre un processus historique et l’esthétique, les voies explorées dans la thèse voudraient contribuer à enrichir une histoire du cinéma engagé.

  • Titre traduit

    Portuguese Cinema & Revolution : 1974-1982.


  • Résumé

    Focusing on a short and liberating time of recent Portugal history, this work aims to establish that the idea of revolution, understood as a process, but also as an event and a rupture, has provoked a specific film production. The chronological area thus corresponds to the years of the Portuguese Revolution of 1974-1975 and its upheavals until 1982. To grasp this singular moment in all its complexity, the observation of the links between cinema and politics is proposed through the balance of power existing between the regime, the institutions and the cinema world. The existence of a revolutionary cinema able to follow the radical changes in society can be seen through conflicts and power issues. Then, filmmakers would question the possibilities of creation in that context: experiences of collective production, alternative distribution, and new practices of militant cinema are all examples of different modalities of creation. The study of various films, and the confrontation between revolution and cinema, show an offer of many creative potentialities: from anticapitalist movies which follow the process to the uses of Direct cinema embodying the event, and finally, the arising of Good Portuguese People (Bom Povo Português, 1981) by Rui Simões, mark an aesthetical rupture in response to the political change. This dissertation has a dual ambition. First, it is important to propose new enlightments on this yet unknown and underevaluated part of Portuguese cinema, with the help of testimonies from filmmakers and producers of that period. Then, observing practical and visual exchanges between the historical process and aesthetics, the paths explored here would contribute to enriching a history of engaged cinema.