Insolence, décalage et ironie chez les romancières du dix-huitième siècle

par Sophie Dencausse

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Claude Habib.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (2005-... ; Paris) (laboratoire) et de Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 20-10-2011 .


  • Résumé

    Les romancières du XVIIIe siècle ont rencontré – en leur temps – un succès réel et vif à l’échelle européenne. Elles ont pourtant été écartées de la transmission du patrimoine littéraire. Il importe d’élucider les causes et les circonstances de cette mise à l’écart. Elles bousculent, avec une rare insolence, les présupposés liés à l’auctorialité, au genre romanesque et à l’écriture des femmes. Ce travail explore les destinées de quelques-unes de ces romancières – Mme Riccoboni, Mme de Tencin, Mme d’Epinay – et de leurs textes afin de prendre la mesure des représentations imaginaires qui ont façonné leur réception. Il s’agit par conséquent de renouveler la lecture de ces textes que, peut-être, nous ne savons pas, ou plus, lire. C’est ce que permet la notion de décalage. Par le jeu des discours, les romans de Mme de Tencin et de Mme de Fontaines subvertissent l’ordre symbolique de la société patriarcale. De ces romans se dégagent les spécificités d’une position féminine. Ces textes ont tendance, pourtant, à figer in fine les termes du discours romanesque. L’ironie aux multiples usages est le discours qui permet de sortir des impasses discursives rencontrées dans cette étude. Dans sa diversité, l’ironie est la plus à même de maintenir, pour les personnages féminins de Mme de Souza, de Mme Cottin ou dans les romans de Mme de Charrière, l’ouverture du décalage, l’insolence du questionnement, véritable condition du littéraire et du féminin.

  • Titre traduit

    Irreverence, distance and irony in the works of 18th century female novelists


  • Résumé

    18th century female novelists enjoyed, in their time, strong and vibrant acclaim throughout Europe. Their work nonetheless did not become part of the literary heritage. It is important to analyse the circumstances and reasons for this exclusion. They irreverently question the codes and conventions of authorship, as well as fiction and women’s writing. This work explores the fate of some of these writers – Mme Riccoboni, Mme de Tencin, Mme d’Epinay – and their work, so as to understand the full extent of the collective projections that explain how they have been perceived. Hence, we need to go back on these novels which, maybe, we no longer know how to read. This is made possible by the notion of distance, incongruence or discrepancy. Through the play of different discourses, Mme de Tencin’s and Mme de Fontaines’ novels subvert the symbolic order of patriarchal society. Their novels set out the contours and specifics for the position of women. Yet, they tend to overly constrain the rules of fictional discourse. Irony, in its multiple shapes, is the discourse that allows to circumvent the discursive traps encountered in this study. In its diversity, irony is best suited to sustain – for the female characters of Mme de Souza, Mme Cottin or those in Mme de Charrière’s novels – the opening brought about by distance, the irreverence of questioning – true requirement for literature as well as for all that is feminine.