L'energie de l'espace : andré du Bouchet : reprendre à la peinture son bien

par Sylvie Decorniquet

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Michel Collot.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (equipe de recherche) depuis le 05-12-2011 .


  • Résumé

    La spécificité de l’œuvre d’André du Bouchet se tient dans un lien extrêmement étroit avec les arts plastiques et les artistes. Son écriture engage la poésie, à l’égal de la peinture, dans la compréhension de l’énigme de la visibilité, en inventant sa propre mise en espace. La page est traitée comme une surface où le fait d’agencer des termes selon des orientations spécifiques octroie au support le bénéfice de l’énergie exercée par cette spatialisation des éléments, en plus de la tension déployée par les entrelacs du sens. Trois axes sont ainsi successivement abordés : le Tracé, la Vision, et le Support. Chacune des opérations lexicales comme syntaxiques procèdent du souci de désenclaver les notions qui viennent clore le sens et de porter l’accent sur la mobilité. Ainsi, André du Bouchet entend approcher les procédés que les peintres mettent en œuvre pour rendre compte, et de leur vision du monde, et de cette échappée du réel à laquelle ils se confrontent. S’interrogeant sur le regard porté sur le monde, puis retournant la question sur la façon dont le monde vient au regard, il façonne cette « langue sans parler…..aveuglément peinture » qui fait entrevoir une réalité inédite. Sa conception d’une épaisseur du support s’appuie sur une pensée en volume qui substitue aux coordonnées spatio-temporelles de la géométrie de l’espace des qualités intensives liées à une appréhension kinesthésique du monde. Il fonde une énergétique de l’espace et engage, ce faisant, une conception de la place de l’homme dans le monde entendue comme déplacement, emportement incessant.

  • Titre traduit

    THE ENERGY OF SPACE. André du Bouchet : borrowing elements from painting


  • Résumé

    The specificity of André du Bouchet's work lies in its intimate connection with the fine arts and artists. His writing commits poetry - the way painting does - to understanding the riddle of invisibility by inventing its own spatial disposition. The page of a book is treated like a surface which disposing terms together according to specific orientations gives the medium the energy exerted by that spatialisation of elements, on top of a tension displayed by the interweaving of word meaning. Three lines of research are thus treated in succession : Layout, Vision and Medium. Each lexical and syntactic operation aims at opening up the notions which give a limit to meaning, and to emphasise mobility. in this manner, André du Bouchet, intends to come close to the techniques that painters apply in order to express their vision of the worl, but also the escape from reality which they confront themselves to. Pondering on the way we look at the world and then - conversely - on the way the world appears to the eye, he shapes that "speechless language ... dazzlingly painting" which gives a glimpse of an unfamiliar reality. His thinking in terms of volume explains his conception of a multi-layer medium ; its substitutes the space-time coordinates of space geometry for intensive qualities linked to a kinaesthetic apprehension of the world. He brings into being a form of energetics of space and thus introduces a conception of man's place in the world as movement and constant flow.