Lers Trois Provinces entre Russie et Turquie (1918-1921) : un défi aux territorialisations étatiques

par Ahmet Ersat Aydin

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Paul Gradvohl.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas depuis le 30-11-2011 .


  • Résumé

    Le coeur du questionnement porte sur l'impact sur les trois processus combinés et partiellement successifs : la déprise du pouvoir russe ; l'installation de l'emprise ottomane-turque ; l'affirmation de centres régionaux face aux centres que sont Moscou et Istanbul. Processus auxquels il faut ajouter les dimensions relatives aux groupes religieux et ethniques locaux, extrêmement complexes même si les Arméniens des trois provinces ont échappé aux persécutions de 1915-1917. Dans ce contexte les Trois provinces (nom turc de cette région) que la Turquie a perdues en 1878 et qu'elle a provisoirement reprises en 1918, sont marquées par des dynamiques locales qui se sont articulées avec la construction de l'Etat turc au sortir de la Première Guerre Mondiale, et plus largement avec les transformations rapides des équilibres stratégiques entre 1917 et 1921 dans une zone marquée par le croisement entre trois grandes lignes de force : l'expansion russe vers la Méditerranée (même si elle est provisoirement en suspens) ; la ligne transversale représentée par la stratégie britannique d'isolement des mers chaudes face à l'expansion russe ; la ligne d'expansion turque (et non plus ottomane) vers l'Asie centrale turcophone (le Touran) qui s'étend du nord de la Turquie actuelle à l'ouest de la Chine. Or à ces axes internationaux correspondent, sur le plan régional (Caucase du sud), des logiques transnationales qui explique la création, sous égide sociale-démocrate à partir de la révolution bolchevique, du Sejm (Assemblée) transcaucasien, qui signa avec la 3e Armée turque l'armistice d'Erzincan le 5 décembre 1917. Mais l'existence d'une entité régionale résulte avant tout de la décomposition politique de l'Empire russe, et d'une affirmation complexe des diverses nationalités de la région, dont les Arméniens qui, en 1917, semblaient mieux organisés (bien sûr coté russe). Il s'agit donc d'une monographie régionale centrée sur les interactions entre les acteurs locaux; régionaux, et relevant des puissances étatiques en conflit pour la région ainsi que de celles qui de plus loin tentaient d'intervenir (l'action des troupes britanniques et italiennes est ici très intéressante).


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