Croire et décroître ? La théologie protestante interrogée par la décroissance selon Serge Latouche

par Martin Kopp

Projet de thèse en Théologie protestante

Sous la direction de Frédéric Rognon.

Thèses en préparation à Strasbourg , dans le cadre de École doctorale Théologie et sciences religieuses (Strasbourg) depuis le 30-09-2011 .


  • Résumé

    Depuis sa (re)naissance en 2002, la décroissance s’est imposée dans le débat tant académique que public sur l’écologie et l’économie. Rassemblés sous un même étendard iconoclaste, ses divers courants critiquent tous une croissance économique jugée non-soutenable et non-souhaitable. Chacun d’entre eux développe néanmoins un accent propre, qui mène parfois à des points de désaccord. Serge Latouche appartient à la branche culturaliste de la décroissance. Sa pensée s’articule en effet dans le cadre global d’une critique de l’imaginaire social occidental moderne, qui est identifié comme un imaginaire économiciste. Bien qu’il embrasse aussi la critique plus proprement écologique, son originalité consiste dans les trois procès qu’il intente à l’économie de croissance dominatrice des esprits et des modes de vie : le procès de son naturalisme, le procès de sa prétention éthique, le procès de son eudémonisme économiciste. A la fois par l’horizon général de sa pensée et par ce triple réquisitoire, cet « athée de l’économie » interroge, par ricochet, la théologie protestante. La foi au Dieu de Jésus-Christ, sur base de ses références propres, ne devrait-elle pas mener également à une contradiction de l’imaginaire social dominant ? Ne s’oppose-t-elle pas à la Weltanschauung économiciste ? En travaillant l’hypothèse d’un évangélisme anti-économiciste, notre thèse entend éprouver de possibles jalons vers une objection de croissance chrétienne.

  • Titre traduit

    Towards A Christian Degrowth? Protestant Theology Questioned by Serge Latouche's Degrowth Thinking


  • Résumé

    Since its (re)birth in 2002, degrowth has spread to both the academic and the public debate about ecology and the economy. Gathered by this iconoclast standard, its different streams all criticize economic growth for being ecologically unsustainable and existentially undesirable. However, each of these streams is characterized by a stress of its own, which sometimes leads to disagreements. Serge Latouche belongs to the culturalist branch of degrowth. His general frame is indeed a critique of the modern western social imaginary, identified as being economicist. Although he also condemns growth from a purely ecological perspective, his originality is to bring the economy of growth to trial for its naturalism, its ethics and its materialistic eudemonism. By the general frame of his thought as well as his threefold charge, this “atheist of the economy” indirectly questions Protestant theology. On its own ground, should the faith in the God of Jesus-Christ not also lead to contradict the dominant social imaginary? That is to say, does it not oppose this economicist Weltanschauung? By working on the hypothesis of an anti-economicist evangelism, this thesis tries out possible milestones towards a Christian degrowth.