Le lieu Où Vivre : subtopie, Utopie,et Dystopie dans la littérature et le cinéma de Pier Paolo Pasolini.

par Daria Bardellotto

Thèse de doctorat en Lettres et langues Littératures comparées

Sous la direction de Christine Baron.

Thèses en préparation à Poitiers , dans le cadre de Lettres, pensées, arts et histoire « civilisation et littérature de l'antiquité à nos jours »Ed 525 depuis le 24-11-2011 .


  • Résumé

    Il faut attendre le dernier projet cinématographique inachevé de Pier Paolo Pasolini, Porno-Teo-Kolossal, pour trouver dans son œuvre transversal, nerveux et bouillonnant, des systèmes spatiaux clos présentés comme utopies. Pourtant, il est possible d’apercevoir dans sa littérature et dans son cinéma non seulement des sujets, des personnages et des espaces de l’utopie (le topos de l’Éden et de l’habitat rêvé, l’enfer et le paradis de Dante et de Giotto, des figures de la marche et du voyage, les motifs eschatologiques), mais également un processus dialectique qui se répète sans cesse et qui marque tout aussi bien l’histoire de l’utopie : l’évocation de l’Éden bascule vers la représentation d’un paradis métaphorique, qui prend la forme d’une véritable utopie, avant que cette dernière ne se renverse en son contraire dystopique. Les nombreux motifs utopiques dans l’œuvre pasolinienne ne sont donc pas de simples récurrences thématiques : ils donnent à voir une matrice de son univers, déchiré entre le fantasme inconsolable du paradis perdu et l’aspiration irréfrénable vers le Pays Idéal, que la propagation du modèle néocapitaliste éloigne de plus en plus de l’horizon du possible. Mais ce schéma n’est pas le seul point d’intersection entre la production de l’écrivain-cinéaste et la tradition utopique. L’une et l’autre s’appuient, en effet, sur une herméneutique double : une structure narrative et descriptive rend visible un système théorique, l’explique en le dessinant, et le propose comme solution en le mettant à l’épreuve. Est-il alors possible de relire la littérature et le cinéma de Pasolini à travers le prisme de l’utopie, comprise en même temps comme tradition littéraire et comme « pensée qui reçoit » cette tradition (ce qu’Alexandre Cioranescu a appellé l’« utopisme ») ? Quels liens existent-ils entre la tradition utopique et l’esthétique pasolinienne ? Comment les moments utopiques et dystopiques se structurent-ils dans sa production ? La réflexion de Pasolini apporte-t-elle un nouveau regard sur la théorie de l’utopie au XXème siècle ?


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