Cinéma et expérience totalitaire : le laboratoire du genre du film de guerre dans l'Italie fasciste (1935-1943)

par Marie france Courriol

Thèse de doctorat en Langues et littérature romanes

Sous la direction de Giorgio Passerone et de Robert S. C. Gordon.

Thèses en préparation à Lille 3 en cotutelle avec l'University of Cambridge , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse analyse les films de guerre de fiction produits dans l’Italie fasciste de 1935 à 1943, de la Guerre d’Ethiopie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle démontre que le genre de guerre fonctionne comme un laboratoire pour l’entreprise de révolution anthropologique de l’Italie, inhérente à l’expérience totalitaire fasciste. Ce modèle cinématographique et social est en effet célébré comme devant s’étendre à l’ensemble du monde cinématographique italien, et ses caractéristiques à l’écran sont censées fournir l’image d’une société fasciste idéale. Après avoir analysé la mise en place du film de guerre italien dans ses discours, ses institutions et ses circulations internationales, ce travail examine les réponses de la production cinématographique. Il se clôt sur la perception du genre de guerre, ses spectateurs, sa réception et sa publicité. Il montre que les films de guerre de la période forment un lieu où coexistent de nombreux objectifs servant des groupes variés. Reposant en grande partie sur des archives d’Etat et de cinéastes, ce travail se concentre sur des études de cas de producteurs (Scalera, Bassoli Film), de réalisateurs (Goffredo Alessandrini, Mario Camerini, Francesco De Robertis, Augusto Genina, Romolo Marcellini, Roberto Rossellini), de scénaristes (Asvero Gravelli, Gian Gaspare Napolitano) et de réception de films particuliers. Cette étude des réponses multiples aux demandes d’un système totalitaire en formation dans le champ cinématographique entend contribuer au débat historiographique sur l’adhésion populaire au fascisme, en en élargissant les paramètres. En outre, bien que le genre joue un rôle central dans le développement de l’industrie cinématographique nationale, ce travail démontre cependant la nécessité d’interpréter ces films en termes transnationaux et non comme simples produits politiques et nationaux.

  • Titre traduit

    Cinema and the totalitarian experiment : the laboratory of the war film genre in Fascist Italy (1935-1943)


  • Résumé

    This thesis analyses the fictional war films produced in Fascist Italy from 1935 to 1943, from the Ethiopian war to the end of WWII. It argues that this genre functioned as a laboratory for the anthropological renewal of Italy in the Fascist totalitarian experiment. Fascist critics celebrated it as a cinematic and social model that had to be applied to the whole Italian film world, and whose on-screen features were to become the mirror image of an ideal Fascist society. After tracing the foundations of the Italian war film genre (critical debates, international circulation), the thesis interrogates the positioning of film professionals in relation to Fascist cultural policies. Lastly, it redefines the genre in terms of its interactions with Italian viewers and through advertisement. This thesis shows that war films of the period constitute a contested site serving multiple purposes for multiple groups. Relying primarily on archival material from Italy’s state archives and filmmakers’ private papers, this work presents several case studies of producers (Scalera, Bassoli Film), directors (Goffredo Alessandrini, Mario Camerini, Francesco De Robertis Augusto Genina, Romolo Marcellini, Roberto Rossellini), screenwriters (Asvero Gravelli, Gian Gaspare Napolitano) and reception of specific films. A study of the multiple responses to the demands of an aspiring totalitarian system, both from the point of view of film consumption and filmmaking, contributes to the historiographical debate on Fascism by broadening the parameters of the longstanding debate on popular consent for the regime. In addition, this work demonstrates the need to interpret these films in a transnational perspective and not as mere political and national products.