Vertige, hypnose, ivresse : la vision dromoscopique dans le cinéma et l'art contemporain

par Kuei Yin Chou

Projet de thèse en Etudes cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Philippe Dubois.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 28-11-2011 .


  • Résumé

    La « dromoscopie », terme proposé par Paul Virilio, désigne une conception visuelle du paysage en mouvement. La vision dromoscopique ne se limite pas à celle du pare-brise, mais aussi à celle d’une vitre, d’un hublot ou d’autres dispositifs de véhicule comme machine à vision, à travers lesquels l’image cinématographique ou audiovisuelle montre ce phénomène de perception particulière. Cette thèse a pour objectif de repenser le cinéma à travers cette vision mobile mystérieuse. Il existe une force commune derrière ces défilements du paysage, cette vision omniprésente, fragmentée, et apparemment banale, qui modifie notre perception discrètement et inconsciemment, mais ignorée malgré son énergie visuelle et kinesthésique. Trois effets que la vision dromoscopique provoque chez le spectateur sont explorés : vertige, hypnose, et ivresse. Devant le défilement spatial, le spectateur peut perdre ses repères dans l'illusion du mouvement ; entrer en état de conscience modifié ; ou éprouver une transformation radicale de la perception. La vision frontale provoque le vertige dans la traversée cosmique en voyage d’hyperespace ; la vision latérale hypnotise son observateur avec ses rythmes répétitifs ; l’ivresse des formes s’étend dans l’imagination d’un monde métamorphosé. Cette vision palpe son public de façon cutanée, musculaire, et viscérale. Caché derrière l’espace dramaturgique, le rythme dromoscopique incite discrètement la sensation kinesthésique du spectateur à rejoindre son mouvement, quand la conscience se concentre sur les intrigues. La vision dromoscopique nous emporte dans ses défilements simples et complexes, nous fait ressentir le mouvement, nous fait vivre le cinéma.

  • Titre traduit

    Dizziness, Hypnosis, Intoxication : Dromoscopic Vision in Cinema and Contemporary Art


  • Résumé

    "Dromoscopy", a term proposed by Paul Virilio, designates a visual conception of landscape in motion. Not limited to what is seen through a car’s windshield, dromoscopic vision can be through a train or airplane window or other vehicle-as-vision-machine devices through which the cinematographic or audiovisual image portrays this particular phenomenon of perception. This thesis aims to reconsider cinema through this mysterious mobile vision, to find the shared power behind these unspooling landscapes. This ubiquitous, fragmented and seemingly ordinary vision, which discreetly and unconsciously alters our perception, has been ignored despite its visual and kinesthetic energy. Three of dromoscopic vision’s effects on viewers will be explored: dizziness, hypnosis, and intoxication. Faced with a moving landscape, spectators may lose their bearings in the illusion of movement; enter into a modified state of consciousness; or experience a radical transformation of perception. Frontal vision causes dizziness in hyperspace travel; lateral vision hypnotizes observers with its repetitive rhythms; the intoxication of forms" extends into the imagination of a metamorphosed world. This vision probes its audience in a cutaneous, muscular and visceral way. Hidden behind the dramaturgical space, dromoscopic rhythm discreetly summons spectators’ kinesthetic sensations to join the movement, while their consciousness focuses on the plot. Dromoscopic vision carries us away with its simple and complex unspooling motion, makes us feel the movement and experience film (more) fully.