Formes du mouvement dans la poésie d’Emily Dickinson – déplacements, réécritures, conversions.

par Sophie Mayer

Thèse de doctorat en Etudes anglophones

Sous la direction de Christine Savinel.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Études anglophones, germanophones, et européennes (2009-.... ; Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone (equipe de recherche) depuis le 27-09-2011 .


  • Résumé

    L’objectif de cette thèse est de montrer que le mouvement constitue le principe fondateur de la démarche intellectuelle et poétique d’Emily Dickinson (1830-1886). Mis au service d’une pensée qui ne cessa de se remettre en question et de combattre les certitudes et les schémas (culturels, religieux…) établis, le mouvement se révèle être une arme de déstabilisation et de déconstruction critique visant à discréditer tous les systèmes de pensée et de croyances jugés autoritaires et « dogmatiques », au sens fort où l’entendaient les sceptiques anciens, avec lesquels Dickinson présente d’évidentes affinités. Mais le mouvement apparaît également comme un principe vital et un agent de construction dans les poèmes : il permet d’élaborer, par voie de réécritures subversives et de détournements subtils, une approche du monde, de la connaissance et de la foi, qui vise aussi bien à légitimer la puissance de la pensée et de l’expérience individuelles qu’à rendre compte de ce que l’incertitude, l’instabilité et le changement sont l’essence même de la pensée et de la vie. Située au croisement de la poétique, de l’épistémologie et de l’approche dite « culturelle », cette thèse se propose d’examiner les formes du mouvement présentes dans l’œuvre de Dickinson en les mettant en regard d’une scène nationale elle-même mouvementée, placée sous le signe de la rupture, de la crise et du doute, mais également portée par un élan de libération et de renouveau qui vit l’émergence de nouvelles forces (politiques, économiques, sociales, culturelles) qui entendaient valoriser et défendre la liberté et l’épanouissement individuels.

  • Titre traduit

    Forms of movement in the poetry of Emily Dickinson – shifts, re-writings, conversions.


  • Résumé

    The aim of this thesis is to demonstrate that the fundamental poetic and intellectual principle in the work of Emily Dickinson (1830-1886) is movement. In the service of an intellect that constantly questioned and challenged the established religious and cultural frameworks, movement firstly reveals itself to be a weapon of destabilisation and critical deconstruction : indeed, it aims to discredit and overturn systems of thought and beliefs deemed authoritarian and dogmatic, the latter in the strong sense as understood by the ancient sceptics, with whom Dickinson had obvious affinities. Movement however also appears as a vital principle and a constructive agent within her work : through subversive rewritings and subtle deviations, it enables the elaboration of an approach to the world, knowledge and faith, which seeks as much to legitimise the power of individual experience and reflection, as to acknowledge that uncertainty, instability and change are the very essence of thought and of life. At the intersection of poetics, epistemology and cultural studies, this thesis thus examines the forms of movement present in Dickinson’s work, by considering them alongside a turbulent national context, itself characterized by rupture, crisis and doubt, but equally impelled by a momentum towards liberation and renewal, which saw the emergence of new forces (political, economic, social, cultural) valorising and defending the freedom and flourishing of the individual.