Construction d'un savoir intégrant les connaissances pratiques et théoriques à l'usage du Conseiller en Gestion du patrimoine

par Stéphane Cellier-Courtil

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Pascal Lièvre.

Thèses en préparation à Clermont-Ferrand 1 , dans le cadre de Ecole doctorale des sciences économiques, juridiques, politiques et de gestion (Clermont-Ferrand) , en partenariat avec EA3849 Centre de Recherche Clermontois en Gestion et Management (laboratoire) depuis le 15-12-2011 .


  • Résumé

    « Le casino est la seule entreprise humaine où les probabilités soient connues, gaussiennes, et presque calculables. »NASSIM NICHOLAS TALEB1986… Pour certains, c’est l’année d’un fabuleux événement sportif entre la France et le Brésil lors d’un quart de finale de la coupe du monde de football au Mexique qui verra l’équipe de France éliminer l’équipe du Brésil. Pour d’autres, c’est l’année de la première cohabitation de la Cinquième République française entre un président socialiste, monsieur François Mitterrand et son Premier ministre gaulliste, monsieur Jacques Chirac.Pour ma part, c’est l’entrée au collège l’année de mon douzième anniversaire. C’est surtout l’année de l’achat de ma première action : Mines de Kali Sainte Thérèse dont je suivais l’évolution du cours avec passion et intérêt de manière hebdomadaire. Chaque samedi, je « chipais » le journal La Tribune des Fossés que ramenait mon père du kiosque à journaux. Jeu d’adolescent sans lendemain ? Pendant 7 mois, le cours de mon action ne varia pas. Attiré par l’envie d’acheter une pièce d’argent de 100 francs émise par le trésor et un coffre en bois pour la ranger soigneusement, je vendis mon action en novembre 1986 sans gagner un centime afin de concrétiser ce désir d’adolescent.Cependant, la lecture de la Tribune des Fossés était devenue un rituel. Surtout le suivi de l’évolution du cours de cette, désormais, ex-action des Mines de Kali Sainte Thérèse. Février 1987 fut très porteur pour cette action, qui gagna 40 % durant ce mois. Et dire que j’avais échangé une action qui valait désormais 680 francs contre une pièce de 100 francs et un coffre fort en bois. Réflexion, ou plutôt frustration d’un adolescent en février 1987, quelques mois seulement avant le krach d’octobre 1987… C’est ainsi que naquit ma passion pour les actions. Celle-ci m’amena à intégrer la faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Clermont-Ferrand dont je finis, après quelques détours, par être diplômé du Master 2 en gestion de patrimoine. Cette formation me permit d’exercer le métier de Conseiller en Gestion de Patrimoine (CGP) au sein de plusieurs grandes banques françaises et de me confronter ainsi à l’espérance, la frustration ou la détresse des épargnants face aux marchés financiers.Il faut effectivement reconnaître que depuis mon entrée dans la vie active à la fin des années 90, j’ai été particulièrement « gâté » par 2 krachs boursiers dont les conséquences resteront durablement inscrites dans l’esprit de la collectivité. Si lors du krach boursier lié à la Net économie, l’explication de « l’exubérance irrationnelle des marchés » d’Alan Greenspan me convainquit d’une « erreur de parcours », il en fut tout autrement lors du krach financier d’octobre 2008 dit des « subprimes ». Ainsi cette première décennie des années 2000 fut marquée par des fluctuations boursières dignes des meilleures montagnes russes. Cependant, si le krach de la Net Economie confirma l’enseignement qui m’avait été donné au niveau d’une cohérence d’ensemble entre bourse, taux d’intérêts, dividendes et environnement économique, il en fut tout autrement pour la crise dite des « subprimes » qui me déboussola complètement.Devant cet océan de perplexité que m’apportaient les réponses des théories financières classiques, je décidais de reprendre mes études en parallèle de mon activité professionnelle de Conseiller en Gestion de Patrimoine. Ainsi lors de la rédaction de mon mémoire « Investir sur les marchés financiers : inconscience ou opportunité ? Histoire de l’évolution des actifs financiers en France depuis 1974 » visant à l’obtention du Diplôme Universitaire Niveau 2 ème année de Master « Méthodes de Recherche en Sciences de Gestion » que je mis en valeur la prépondérance du bon timing d’investissement plutôt que la durée du placement pour l’optimisation d’une épargne.Ceci peut apparaître comme une simple réflexion faisant preuve de bon sens pour affirmer qu’il faut investir lorsque le prix des actions est bas et vendre lorsque le prix est élevé. Pourtant, il n’en est rien. Outre le fait d’ignorer à quel moment le prix est bas ou élevé, le législateur lui-même nous démontre sa méconnaissance en termes de fonctionnement des marchés financiers actions. En effet lorsqu’un professionnel de la finance conseille un placement en actions à un client, il doit l’informer du niveau de risque encouru de son investissement et de la durée de placement conseillée afin de gagner de l’argent. Or lorsque vous conseillez un investissement en actions, le niveau de risque et la durée de placement conseillée est la même pour le législateur, que le CAC 40 soit à 6 700 points ou 2 500 points.Cette aberration me conduisit à relire les travaux de John Meynard Keynes au travers de sa « Théorie Générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » publiée en 1936. Cette lecture incitant à découvrir les travaux de Herbert Simon, Benoît Mandelbrot, Nassim Nicholas Taleb, Daniel Kahneman et Amos Tversky, Gary Klein, André Orléan et Pascal Lièvre afin d’élaboration une approche pragmatique sur le manière dont les majorités se forment sur les marchés actions.


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