Écrire et réécrire la vie de la Vierge en Islande au Moyen Âge (XIIIe-XIVe siècles). La Maríu saga : étude et traduction

par Christelle Fairise

Thèse de doctorat en Lettres modernes

Sous la direction de Daniel Lacroix et de Régis Burnet.

Thèses en préparation à Toulouse 2 en cotutelle avec l'Université catholique de Louvain (1970-....). Faculté de théologie. Colloque (8 ; 2008 ; Louvain-la-Neuve, Belgique) , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse) , en partenariat avec (PLH) Patrimoine, Littérature, Histoire (equipe de recherche) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    La Maríu saga est une saga hagiographique anonyme d’origine monastique faisant le récit de la vie de Marie, de sa conception à son Assomption, rédigée en langue vernaculaire et composée entre le dernier tiers du XIIIe siècle et la seconde moitié du XIVe siècle en Islande. Assortie d’une traduction inédite du texte, la présente étude se propose comme une nouvelle approche de la Maríu saga que nous inscrivons dans la longue tradition littéraire et théologique des Vies de la Vierge, des biographies homilétiques mariales tributaires des évangiles apocryphes composées par des moines et théologiens du VIIe au Xe siècle dans l’Empire Byzantin, et que nous situons dans le contexte littéraire et culturel européen médiéval afin de mettre en lumière les enjeux poétiques et doctrinaux que soulève l’acte d’écrire et de réécrire la vie de la Vierge en Islande au Moyen Âge. Pour ce faire, nous envisageons l’œuvre de différents points de vue, d’abord de l’histoire de la réception des textes bibliques et parabibliques, ensuite contextuel et philologique, puis littéraire et enfin théologique. Nous nous employons à montrer à travers son étude poétique et doctrinale que, à l’exemple des vies de Marie médiévales ecclésiastiques, la Maríu saga manifeste des spécificités propres au foyer culturel de son époque : medium entre la littérature et la théologie, l’œuvre est un texte hagiographique narratif qui présente le double intérêt d’être à la fois un témoin de la pratique de la réécriture hagiographique en langue vernaculaire et le reflet du développement dogmatique et de l’évolution de la réflexion théologique sur Marie, et de fait sur le Christ, en Islande médiévale.

  • Titre traduit

    Writing and Rewriting the Life of the Virgin in Iceland in the Middle Ages (13th-14th centuries). Maríu saga : study and Translation


  • Résumé

    Maríu saga is an anonymous hagiographic saga relating the story of Mary’s life, from her Conception to her Assumption, written in the vernacular and composed in the monastic milieu between the last third of the thirteenth century and the second half of the fourteenth century in Iceland. Coupled with an unprecedented translation of the text, this dissertation offers a new approach to Maríu saga that I situate within the long literary and theological tradition of the Lives of the Virgin – these Marian biographic homilies which draw on apocryphal gospels were composed by monks and theologians from the seventh to the tenth century in the Byzantine Empire –, and that I put into the European medieval literary and cultural context in order to examine the literary and doctrinal issues raised by the act of writing and rewriting the life of the Virgin in Iceland in the Middle Ages. I successively consider Maríu saga from different perspectives: in a first part, from the history of the reception of biblical and parabiblical texts; in a second part, from an historical and a philological aspect; in a third part, from a literary point of view; and in a fourth part, from a theological angle. My aim is to demonstrate through the study of its poetics and its doctrine that, like the medieval ecclesiastical lives of Mary, Maríu saga bears specific features of its cultural area of its time: medium between literature and theology, this work is a narrative hagiographic text that presents the double interest of being the witness both to the practice of hagiographic rewriting in the vernacular and to the doctrinal development and the evolution of the theological reflection on Mary, and in fact on Christ, in medieval Iceland.