Un cancer, et après ? Prise en charge médicale et modalités de détermination et d’organisation des conditions et des choix de vie à la suite d’un cancer. L’exemple des hommes atteints d’une tumeur germinale.

par Clément Meric

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Philippe Combessie.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 (laboratoire) depuis le 30-11-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse de doctorat s’intéresse à la prise en charge médicale des hommes atteints d’un cancer des cellules germinales ainsi qu’aux modalités de détermination et d’organisation des conditions et des choix de vie à sa suite. Les spécificités épidémiologiques et médicales de cette tumeur expliquent le choix de son étude. Son incidence (2324 nouveaux cas pour l’année 2011) a doublé en France depuis 40 ans. Elle s’inscrit donc dans l’augmentation globale de l’incidence du cancer dans ce pays. Cette tumeur touche l’homme jeune (majoritairement entre 15 et 49 ans ; l’âge moyen est de 30-34 ans), c'est-à-dire en pleine période d’activité professionnelle et de procréation (l’âge moyen du père à la naissance des enfants était de 32,7 ans en 2005 pour la France). Son traitement implique presque toujours l’ablation du testicule atteint et les thérapeutiques (chimiothérapie, mais également et surtout radiothérapie) créent, voire aggravent, à plus ou moins long terme, des troubles de la fertilité souvent déjà connus par ceux qui les subissent (70 % des patients sont atteints d’hypofertilité lors du diagnostic). De plus, une chirurgie des masses résiduelles peut créer des troubles de l’éjaculation. Aussi, après traitement, la fertilité des patients est diminuée d’environ 30 % par rapport à la population générale. En revanche, le taux de survie de ce cancer est le plus élevé : 10 ans après le diagnostic il est supérieur à 95 % (précisément de 80-85 % pour les stades métastatiques à 95-98 % pour les formes localisées). Les répercussions de cette pathologie posent donc question quant à la possible baisse de fertilité, voire au risque de stérilité encouru suite à son traitement, donc aux stratégies mises en œuvre pour y pallier, renvoyant plus généralement à des problèmes de parentalité et de famille, mais également à ses implications corporelles, sexuelles, identitaires et symboliques (les testicules sont un attribut de la masculinité et de la virilité) qui sont, du moins quant à la forme, retrouvées dans nombre d’autres cancers. Toutes ces spécificités font apparaître le cancer des cellules germinales comme une possible « situation modèle », c'est-à-dire potentiellement paradigmatique et prospective, car il représente à terme l’expérience que la quasi-totalité des cancers représentera : une maladie dont les chances de rémission ou de guérison sont très élevées mais qui laisse des séquelles ou « traces » avec lesquelles il faut continuer de vivre. Se pose alors la question de savoir comment. L’objet principal de ce travail est donc d’alimenter la réflexion sur le survivorship par l’étude d’un cas apparaissant prototypique. A travers une démarche de « fieldwork » s’inscrivant dans la lignée des travaux développés en sociologie de la santé et de la médecine par Anselm Strauss ou, plus récemment, Marie Ménoret, cette recherche, outre l’utilisation des techniques qualitatives classiques de l’entretien semi-directif et de l’observation in situ en centre de lutte contre le cancer développe également un volet quantitatif par la construction d’une cohorte rétrospective.


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