Les Bureaux de bienfaisance à Paris de 1796 à 1860.

par Chistian Felkay

travaille sur la thèse suivante :

Sous la direction de Francis Démier.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec ISP,,laboratoire (laboratoire) depuis le 30-10-2006 .


  • Résumé

    Les Bureaux de bienfaisance parisiens représentent une solution originale pour aider la population démunie de la capitale, dénommée dans les archives, « indigents » ou « nécessiteux », depuis leur fondation par la loi du 7 frimaire an V (27 novembre 1796). Cette étude s’arrête en 1860, lorsque Paris s’agrandit de huit arrondissements (du 13ème jusqu’au 20 arrondissement) et de 11 communes limitrophes. Ces Bureaux sont donc une institution publique dont le financement est d’origine publique à travers les impôts sur les spectacles et une partie des revenus de l’octroi, mais aussi d’origine privée à partir du Consulat grâce aux dons, collectes et quêtes dans les églises. Descendants des « bureaux paroissiaux » de l’Ancien Régime et perçus sous l’an II comme étant la solution pour aider les pauvres tout en protégeant leur vie familiale contrairement aux hôpitaux, les Bureaux de bienfaisance, au nombre de 48 jusqu’en 1813, et de 12 ensuite, doivent secourir une misère plus nombreuse qu’amènent les débuts de la Révolution industrielle, l’urbanisation croissante et le retour des soldats des armées napoléoniennes. Les aides de ces Bureaux, qui sont épaulés dans certains quartiers par des Maisons de secours, sont de trois types : des aides matérielles, tout d’abord : de la nourriture (pain, viande, légumes sous formes de soupes ou de bouillon lorsqu’ils sont mélangés avec de la viande), de bois pour le chauffage, du linge ou des draps qui sont prêtés, des outils de travail, de l’argent également ; des aides médicales (soins des malades à domicile ou dans les Maisons de secours, médicaments pour les indigents inscrits puis pour les non inscrits, encore appelés « nécessiteux » ; enfin, de l’aide « psychologique » appelée au XIXème siècle, « morale », sous la forme d’une véritable pédagogie de l’assistance : l’indigent doit comprendre que les secours reçus s’arrêteront lorsque l’état d’urgence cessera. Il importait en effet aux membres des Bureaux, au nombre de cinq, puis de sept en l’an IX, puis de douze à partir de 1816, recrutés soit dans les rangs de la noblesse parisienne soit dans ceux de la bourgeoisie sous le Directoire et le Consulat, puis à nouveau à partir de la Monarchie de juillet, de veiller au maintien de l’ordre public en donnant ces secours surtout dans les quartiers populaires, mais aussi de répandre une morale du travail et le goût de l’effort, pour que les pauvres et les indigents se remettent au travail. Cette conception libérale de l’assistance s’opposait à la philanthropie exagérée de l’an II, qui avait mis en péril les finances de l’Etat. Encore à l’état expérimental sous la Restauration, les Bureaux de bienfaisance vont peu à peu suivre la voie bureaucratique, tracée par celui du Vème arrondissement qui s’avère le plus dynamique sous la Monarchie de juillet et qui est cité en exemple par les Préfets de la Seine jusque dans les années 1850. A cet égard, il faut citer le nom du Maire de cet arrondissement, Antoine Vée, pharmacien de son état, qui veut moderniser le service de secours à domicile, et le faire reconnaître aux yeux du public aisé comme étant plus efficace et plus économique que le service hospitalier. Son opposition à la politique d’assistance du Conseil général des hospices civils de Paris l’a érigé en véritable porte-parole de ce service et des douze Bureaux de bienfaisance. Si la Seconde République n’a pas réalisé toutes ses idées en matière d’assistance, du moins elle a vu naître la nouvelle Administration générale de l’Assistance publique qui, par l’action de ses deux Directeurs, Davenne et Husson, a cherché à rasséréner les rapports entre les deux services des secours publics de Paris : le service des secours à domicile et le service hospitalier.


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