« La communauté politique parallèle. La constitution du mouvement Rastafari en Afrique de l’Ouest »

par Jeanne Lamaison boltanski

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Stéphane Dufoix.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec sophiapol (laboratoire) depuis le 28-10-2011 .


  • Résumé

    En continuité d’un travail amorcé en Master sur l’émergence du Rastafarisme en Afrique de l’Ouest (Burkina, Ghana, Côte d’Ivoire), il s’agit d’entreprendre en thèse une recherche de sociologie politique du transnational sur le rapport qu’entretiennent ses adeptes au politique ; et leur constitution communautaire articulée en modes d’organisations locales, translocales ou transnationales, structurant des types de réseaux parallèles aux états nations, caractéristiques des identités contemporaines « circulatoires ». Le rastafarisme est un mouvement messianique anticolonialiste né en Jamaïque en 1930, reposant sur une dichotomie identifiant le « Bien », à travers la transposition de Sion, la Terre promise, en Afrique, et le « Mal » à l’Occident, symbolisé sous le terme mythique de Babylone, les « Forces du Mal » désignées dans l’Apocalypse. Comment ce mouvement et sa mythologie, nés dans la Jamaïque coloniale, ont-t-ils pu se répandre dans les sociétés africaines contemporaines? On se demandera quel rapport au politique induit une telle vision du monde dichotomique, et quels paradoxes sont produits par la diffusion transnationale du mouvement désormais récupéré hors de ses contextes premiers. Ceci est à mettre en relation avec l’héritage des luttes anticolonialistes : quelles sont leurs transformations ? Avec quels paradoxes et adaptations ces discours doivent-ils négocier pour intervenir dans la formation de luttes politiques contemporaines dans les sociétés africaines postcoloniales ? Plus spécifiquement, y a t il des tentatives de créer une vision politique africaine? Basée sur des « valeurs » considérées comme africaines? Mais ceci renvoie à des problèmes de cohérence avec certaines normes de la modernité, pouvant articuler une tension entre un message de libération et des intérêts particuliers pouvant aller jusqu’au repli identitaire. Comment les contradictions sont-elles négociées ? Comment ce mouvement, à la fois dichotomique et internationaliste, formule t-il le multiculturalisme ?


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