Le politique identifié à la démocratie

par Ali Kebir

Projet de thèse en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Catherine Colliot-Thélène.

Thèses en préparation à Rennes 1 , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme, des organisations et de la société (Rennes) depuis le 22-09-2011 .


  • Résumé

    Il s’agit de questionner l’identification générale qui est opérée aujourd’hui en philosophie politique, ainsi que dans l’espace public, entre le politique et la démocratie. Alors que la tradition philosophique fut globalement hostile à la démocratie, ce qui avait pour corollaire une pluralisation des conceptions possibles du politique qui se sont exprimées à travers la problématique du meilleur régime, on assiste aujourd’hui au phénomène contraire : tous les auteurs prennent fait et cause pour la démocratie sans examen de la possibilité d’un autre régime. Elle constitue l’axiome non interrogé suivant : elle est la seule possibilité pour le genre humain de réaliser son émancipation. Pourtant, non seulement la réalité des démocraties libérales modernes ne permet pas d’étayer un tel axiome puisqu’on peut y constater, une crise de participation au système représentatif ainsi que des inégalités sociales de plus en plus profondes ; mais aussi une crise des idéaux, i.e. une absence de vision de l’avenir puisque l’on se contente de repenser encore et encore ce que l’on a déjà : la démocratie. Et la philosophie qui devrait alors se montrer nécessairement critique vis-à-vis de la démocratie y adhère. C’est ce retournement paradoxal du rapport de la philosophie à la démocratie, et ses conséquences sur la notion de politique, qu’il s’agit d’expliquer. Comment et pourquoi la démocratie est devenue le seul sens que nous puissions donner au politique ? en quoi le discours qui la pose ne nous met pas sur la voie de la libération comme il le prétend ? Nous répondrons par une enquête généalogique, c’est-à-dire par la mise en évidence des logiques de pouvoir qui sont à l’œuvre derrière les discours qui affirment la démocratie. On se demandera quels intérêts invisibles, cachés derrière l’aura de l’idéal démocratique, ont conduit à ce consensus autour de la démocratie. Quel intérêt y a-t-il pour les pouvoirs sociaux divers que la seule option possible soit la démocratie ? A titre d’avertissement : cette critique du consensus démocratique que nous voulons entreprendre ne doit pas être interprétée comme une volonté a contrario de redonner vie à des régimes concurrents tels que la monarchie ou l’aristocratie. Il s’agit plutôt de faire une critique de l’idéologie politique actuelle afin des dégager des potentiels émancipateurs.


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