Poétique et géopoétique de Lorand Gaspar

par Jihen Souki

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Dominique Combe et de Samia Kassab-Charfi.

Thèses en préparation à Paris 3 en cotutelle avec l'Université de la Manouba (Tunisie) , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (equipe de recherche) depuis le 15-05-2008 .


  • Résumé

    La poésie de Lorand Gaspar, par la constance de sa variété même et sa réticence à cultiver une forme fixe, semble autoriser l’hypothèse d’une "poétique du mouvement", qui se découvre en résonance avec toute une conception immanentiste du monde, advenue dès l’enfance du poète et cultivée au fil de l’expérience. Fortement indicative d’une relation analogique avec le système neuronal ― d’où la lecture que nous proposons d’une "neuropoétique" ―, cette poétique cinétique, tissée dans la tension stylistique d’une "continuité discontinue", serait pénétrée d’une poétique adverse, à la fois contraire et complémentaire, qui semble incliner vers les formes spécifiques d’une géographie élective. Fondée par une puissante thématique du relief et par l’expérience, fondamentale dans la vie de Gaspar, de la nature, cette théorie "géotropique" entend déployer la construction esthétique, dans l’œuvre, d’un "relief poétique", ou encore, pour dire en un mot l’instillation de la géologie dans la forme du poème, d’une géopoétique. La poétique de Lorand Gaspar, essentiellement contrastive, serait la conjugaison de ces deux mouvements linguistiques, de cette tension entre finitude et infini, qui montre que le poème de Gaspar n’est pas un élan simple dans le monde, mais un monde où le sujet, à travers l’invention poétique, tend, aussi bien, à se dégager de l’infini "mouvement" où il est engagé.

  • Titre traduit

    The poetics and the geopoetics of Lorand Gaspar


  • Résumé

    Lorand Gaspar’s poetry bears a constant variety that resists the development of a fixed form. It thereby seems to allow for the hypothesis of a "poetics of motion" which echoes the poet’s immanence-based conception of the world, occurred to him since his childhood and fostered over the years of experience. Strongly pointing at an analogical relationship with the neuronal system, which accounts for our reading of a "neuropoetics", this kinetic poetics, woven in the intricate stylistics of a "discontinuous continuity", is likely infused with an adverse poetics, both contradicting and complementing it, which seems to tend towards the specific forms of a peculiarly chosen geography. Informed by a forceful theme of the relief and the fundamental experience of nature in Gaspar’s life, this "geotropic" theory means to display the aesthetic making up of a "poetic relief", or, of a geopoetics, a word that conveys the ingraining of geology into the form of the poem. Lorand Gaspar’s poetics, which is essentially contrastive, would bring together those two linguistic movements, this tense interplay between the finite and the infinite, which shows that Gaspar’s poem does not merely spring up to the world, but is, in itself, a world where the subject, through the poetic invention, also tends to break free from the infinite "movement" in which he is involved.