L'aide au développement comme vecteur de visibilité politique : le cas des programmes de reconstruction qatariens et iraniens dans le Liban d'après guerre 2006.

par Diana Zeidan

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Michèle Leclerc-Olive.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 01-12-2010 .


  • Résumé

    Les composantes (components) mêmes d’un projet de développement déterminent la manière selon laquelle les acteurs impliqués dans sa mise en œuvre vont s’approprier le projet et se positionner – voire s’imposer – comme les principaux interlocuteurs entre la population locale et les intervenants externes. Plus précisément, les composantes liées à la participation et au renforcement des capacités que l’ont trouve dans la majorité des projets de développement émanant d’agences de développement occidentales (membres du DAC) sont des vecteurs de translation qui permettent aux organisations locales de renforcer leur positionnement et accroître leur visibilité sur la scène locale. Cette question de visibilité des bailleurs est d’autant plus pertinente dans le contexte libanais que le processus de réhabilitation et de reconstruction fut et reste avant tout un processus politique, de lutte d’influence et de pouvoir, entre des acteurs internes et externe qui se disputent l’appropriation de l’espace public. Contrairement aux agences de développement occidentales, les Etats du Golfe n’ont pas cherché à mettre en place leurs programmes à travers des ONG locales. Les sommes destinées à l’aide pour la reconstruction par les bailleurs arabes ont soit été directement versées à l’Etat libanais, soit fait l’objet de programmes que le bailleur a lui-même exécuté à travers un groupe de professionnels et de techniciens. L’ICORL (Iranian Contributory Organisation for Reconstructing Lebanon) va principalement soutenir le programme du Hezbollah pour la reconstruction de la banlieue Sud de Beyrouth et le sud du pays et le paiement des indemnités aux familles dont les maisons ont été détruites. Ma recherche propose de réfléchir sur les logiques d’action de ces nouveaux bailleurs de fond, plus précisément de l’Iran et le Qatar, deux nouveaux acteurs sur la scène du développement au Liban et qui ont des intérêts politico stratégiques divergents, voire contradictoires. En effet, les Etats du Golfe sont aujourd’hui considérés comme les principaux donateurs du processus de reconstruction d’après guerre au Liban. Leurs activités leurs ont permis d’acquérir une très grande visibilité auprès des populations locales, des partis politiques et des autorités gouvernementales. Leurs logiques d’actions seront principalement déterminées par le message politique qu’ils désirent transmettre. L’analyse de l’aide iranienne et qatari à la reconstruction et au développement du Liban Sud à partir de la théorie des réseaux amène à déplacer le regard sur les contextes ou se déroulent les processus de visibilisation et à comprendre pourquoi certains bailleurs sont plus perceptibles que d’autres dans un pays donné. Ainsi, pour l’étude de la visibilité dans un contexte concret, j’utilise une démarche comparative dont les paramètres combinés forment des « marqueurs de visibilité ». Ceux-ci détermineront quelles sont les conditions qui accompagnent le processus de visibilisation ainsi que les degrés et la forme de visibilité que présente chacun des programmes financés par ces deux Etats-bailleurs.


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