L'idéal de la preuve. L’examen post mortem entre théorie et pratique en Chine à la fin de l’époque impériale

par Xin-zhe Xie

Projet de thèse en Histoire et civilisations

Sous la direction de Pierre-Étienne Will.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 29-11-2010 .


  • Résumé

    Ce travail pose un regard holiste sur un sujet longtemps abordé pour l’essentiel sous l’angle de l’histoire de la médecine chinoise : celui de la pratique de l’autopsie et des connaissances requises pour sa réalisation en Chine à la fin de l’époque impériale. En mettant en cause cette approche médicaliste, nous nous employons à mettre en lumière la configuration épistémologique dans laquelle s’est façonnée la méthodologie traditionnelle d’autopsie en tant que discipline de savoir à part entière. Cette configuration se caractérise par un faisceau de considérations relevant les unes du système d’administration impérial, d’autres de l’éthique mandarinale, d’autres encore de la culture lettrée, ou d’activités savantes ou encore de la culture judiciaire. En explorant ces divers éléments au fil des chapitres, notre travail s’attache à révéler comment ils ont concouru à déterminer les modes de raisonnement ainsi que l’objectif caractéristiques du savoir traditionnel relatif aux techniques d’autopsie. Cet objectif était la standardisation d’un ensemble de critères précis et intellectuellement accessibles afin que l’interprétation des traces de violence devienne, dans l’idéal, quasi-automatique et donc exempte de controverse. Ce faisant, cette thèse entend dégager les critères de véracité ainsi que la rationalité à l’oeuvre dans la quête de preuves sur la scène des autopsies dans la Chine traditionnelle.

  • Titre traduit

    Ideal of proof. Post-mortem examination between theory and practice in late imperial China


  • Résumé

    Based on a holistic viewpoint, this dissertation deals with a topic that has hitherto been studied mostly as part of the history of Chinese medicine, i.e., forensic knowledge and its practice in late imperial China. By criticizing this medical approach, I attempt to unravel the epistemological configuration in which traditional forensic knowledge took shape as a discipline per se. This configuration was characterized by a bundle of considerations stemming from different domains, such as the imperial administrative system, the ethics of officials, literati culture, scientific activities, and legal culture. By exploring these elements, this dissertation aims to reveal how they determined the ways of thinking as well as the goal pursued by traditional forensic knowledge, namely, to establish a standardized system with clear-cut and fairly understandable criteria, so that, ideally, the interpretation of wounds would be quasi automatic and therefore virtually free from controversy. By doing so, this dissertation intends to shed light on the criteria of veracity, as well as the conception of rationality, implemented on the scene of traditional Chinese autopsies.