Ce que veut dire « musulman » aujourd'hui en france

par Marie-claire Willems

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Stéphane Dufoix.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 laboratoire (laboratoire) depuis le 05-11-2010 .


  • Résumé

    Aujourd'hui, le signifiant « musulman » ne définit plus seulement une catégorie de la population et son rapport à l'islam. Du « français musulman » au « musulman athée», de la « culture musulmane » à la « sensibilité musulmane » au « musulman laïc », il est possible de constater que les individus introduisent dans leurs discours des expressions novatrices. Paradoxalement, il est envisageable d'être d'« origine musulmane », de « culture musulmane » ou de « sensibilité musulmane » sans pour autant se considérer de « religion musulmane ». Tout autant, un individu peut se revendiquer de « religion musulmane » sans pourtant être d' « origine » voire de « culture musulmane ». Pourtant, tous revendiquent l'appartenance au signifiant « musulman », c'est pourquoi, fondée sur une ambition sémiologique, notre recherche s'oriente vers les individus « nommés ou se nommant « musulman » ». Si le qualificatif « musulman » est analysé en tant que signifiant, l'identité de « musulman » ne peut être considérée comme établie de fait mais investie. Par ailleurs, dans ses acceptions contemporaines, nous constatons que « musulman » a le plus souvent pour synonyme les termes « immigré, arabe ou maghrébin ». De manière plus large, « musulman » vient marquer les appartenances et désigner l'Autre absolu dans un partage dichotomique entre un "nous" et son autre. Cette thèse questionne donc l' « être musulman » en France à travers les usages du signifiant « musulman » dans les discours.Cette analyse nous mène à développer nombres de processus dont celui d'ethnicisation et de « désethnicisation ». L'ethnicisation est un processus favorisant l'usage du signifiant « musulman » de manière ethnicisée. Ainsi, d'un côté le lien à « musulman » s'éloigne d'une approche strictement religieuse et s'inscrit dans un système plus « ethno-culturo-politico-religieux ». De l'autre, il se distance de cette vision ethnique pour justement tenter de créer une forme de « pur religieux » novateur et particulier au contexte français. Entre ces deux positions, il semble possible de trouver nombres de possibilités allant du « musulman croyant » au « musulman non croyant ». C'est pourquoi, nous construirons une typologie de ces investissements. Cette dynamique « ethnicisation-désethnicisation » s'associe à divers champs de réflexions tels que les théories de la reconnaissance, ceux de la stigmatisation ou de l'essentialisation par exemple. Pour finir, la thèse doit mettre en place un chantier empirique sur Paris et en banlieue parisienne nous permettant ainsi de souligner la diversité des usages de « musulman ». Ainsi, en mêlant théorie et empirisme, nous construirons une réelle approche socio-anthropologique de l'islamité contemporaine et du microcosme « musulman » en France.


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