Le nationaliste valencien du début du XXième siècle

par Pepita Villanueva

Projet de thèse en Langues et littératures romanes : spécialité Espagnol


Sous la direction de Marie-Claude Chaput.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) depuis le 18-12-2009 .


  • Résumé

    Nous analysons la véritable nature du nationalisme valencien, à travers ses origines et ses manifestations, considérant que celui-ci est strictement lié au nationalisme catalan et que la date de référence est l´année 1906, où a lieu le Premier Congrès international de la langue catalane à Barcelona. C´est un événement théoriquement restreint au monde culturel et philologique, qui néanmoins marque une véritable feuille de route politique et met en évidence les ambitions expansionnistes d´une région en plein essor industriel face à une Espagne majoritairement agraire. Le pancatalanisme s´implante avec beaucoup de difficultés à Valence, où il ne trouve des francs appuis que chez une petite bourgeoisie majoritairement anti-républicaine et admiratrice des succès catalanistes. Son alliance avec celui-ci est scellée par un pacte (les Bases de Castellón) qui est censé reconnaître la nature catalane de la langue valencienne, mais cela n´est pas retranscrit tel quel sur le document. Dès lors le pancatalanisme se construit sur l´ambigüité, la confusion et surtout l´ignorance du peuple qui n´a jamais eu connaissance des vrais termes dans lesquels fut rédigé cet accord privé, pratiquement inconnu pour la plupart. La dictature franquiste et la marginalisation officielle du valencien ont favorisé un rapprochement plus accusé du valencien au catalan, grâce à un travail pratiquement personnel assumé par M. Sanchis Guarner et C. Salvador. D´une manière parallèle, à partir de 1960, Joan Fuster a préconisé la nationalité catalane des Valenciens ; et si cette thèse politique n´a pas été franchement admise par l´université, sa version linguistique a été farouchement défendue par elle, ce qui a produit la “Bataille de Valence”, pendant la Transition. La paix sociale n´est revenue que lorsque la version politique est restée écartée des négociations pour le statut d´autonomie, néanmoins la version linguistique s´est imposée au plus haut niveau académique lorsque l´Academia Valenciana de la Llengua a déclaré officiellement la catalanité de la langue valencienne en 2005, continuant de semer le doute sur la catalanité des Valenciens.

  • Titre traduit

    Valencian nationalism at the beginning of the 21st century


  • Résumé

    In this paper we analyse the true nature of Valencian nationalism, through its origins and manifestations, considering that it is closely linked to Catalan nationalism and that the reference date is 1906, when the First International Congress of the Catalan Language met in Barcelona. Although this event was theoretically restricted to the cultural and philological world, it shaped a real political roadmap while evidencing the expansionist ambitions of a region in full industrial development against a mainly agrarian Spain. The Pancatalan ideology was not easily implanted in Valencia, where it found the support the petty bourgeoisie, largely anti-Republican and admirer of the Catalan successes. The alliance between the Valencian petty bourgeoisie and Pancatalanism was sealed through a pact (Bases of Castelló), which implied recognising the Catalan nature of the Valencian language, for all that this is not explicitly recognised in the document. Since then, Pancatalanism was built on ambiguity, confusion and, mainly, ignorance on the part of the people, who never knew the true terms under which this private agreement, unknown to most, was written. The Francoist dictatorship and the official marginalisation of Valencian further encouraged the approach to Catalan rules, thanks to an almost personal work carried out by C. Salvador and M. Sanchis Guarner. In parallel, from 1960 J. Fuster defended the Catalan nationality of Valencians and, despite the fact that this thesis was not frankly sanctioned by the University of Valencia, the linguistic thesis was firmly endorsed by this institution, which led to the so-called “Battle of Valencia” during the Transition to democracy. Social peace did not return until the political version was abandoned during the negotiations for the Statute of Autonomy. However, the linguistic version has prevailed in the academia due to the official declaration, in 2005, of the Valencian Language Academy (Acadèmia Valenciana de la Llengua), thus maintaining alive the doubt with regard to the Catalanness of Valencians.