Get et le pronominal français

par Marie charlotte Vetter

Projet de thèse en Sciences humaines cliniques

Sous la direction de Agnès Celle.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 13-04-2010 .


  • Résumé

    L'objectif de cette thèse vise à comparer le verbe anglais get et le clitique français se, qui bien que n'ayant pas le même statut syntaxique, semblent sémantiquement et aspectuellement semblables. get et se apparaissent dans des constructions dont les interprétations oscillent entre l'actif, le causatif et le passif. chaque opérateur peut marquer un aspect inchoatif et transitionnel (jean se fatigue, paul got angry), une construction passive (ce pantalon s'est bien vendu, it got sold), ou bien un causatif (je me suis fait construire une maison, he got murray to build the house). cependant, l'interprétation d'une construction repose sur l'interprétation du rôle du sujet, à savoir patient, agent, les deux ou un rôle intermédiaire. il est souvent dit que même les sujets des constructions passives avec get et se ont tendance à être considérés comme portant quelque responsabilité dans le procès qu'ils subissent. les sujets dans jean s'est bien vendu lors de l'entretien et paul finally got fired for stealing sont affectés et impliqués dans ce qui leur arrivent. ‘jean', en plus d'être le produit vendu comme ‘le pantalon', est également le vendeur, quant à ‘paul', il fournit lui-même le motif de son renvoi. cette ambiguïté existe grâce à la réflexivité que marque les opérateurs se et get. mais alors qu'en français le retour sur le sujet est obligatoirement explicité par la présence du clitique se, cela est implicite, et en quelque sorte compris dans l'opérateur get en anglais. de plus, contrairement à oneself, la présence de se n'implique pas forcément qu'il y ait réflexivité. il est donc évident que la réflexivité est exprimée différemment en français et en anglais au travers de get de se. le clitique français se, souvent injustement appelé pronom réfléchi, peut avoir différentes fonctions et dénoter différents degrés de réflexivité : un simple retour sur le sujet, présentant le sujet comme patient, et où le sujet peut être à l'origine de l'action qu'il subit, ou un vrai réfléchi où le sujet est à la fois patient et agent. la réflexivité se comporte autrement en anglais ; il n'est pas nécessaire de l'expliciter. un verbe pronominal et réfléchi comme se laver en français se traduirait en anglais par un simple verbe intransitif wash, il serait redondant de dire wash oneself. ainsi, en anglais, une construction peut dénoter une relation réflexive ou réfléchie de façon implicite et sans l'aide d'un marqueur spécifique comme le français. le réfléchi anglais himself a donc un rôle et un fonctionnement différents de ceux du clitique se français. d'ailleurs, himself est plus souvent rapproché de lui-même, que de se. mais par exemple, alors que les constructions pronominales françaises en se faire prennent majoritairement des sujets animés ― il est difficile d'envisager qu'une maison se fasse détruire ― les constructions en get v-en acceptent des sujets aussi bien animés qu'inanimés, comme it got tangled et he got tattoed. cependant, l'ajout d'un pronom réfléchi en anglais semble rendre moins acceptable une construction avec un sujet inanimé, ?it got itself tangled. ce rapport différent à la réflexivité peut également s'observer au niveau de l'expression de la possession. en effet, lorsque seule est affectée la partie du corps d'un sujet dans une structure en get, qui peut lui-même exprimer la possession et l'acquisition, l'anglais exige un pronom possessif, he got his teeth scaled. a l'inverse, en français, une telle précision n'est pas nécessaire, la présence de se implique que la partie du corps indiquée appartient au sujet, il s'est fait détartrer les dents.


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