« Les yeux de la ville » : entre surveillance de l’espace public et accompagnement individualisé : analyse croisée entre la France et le Japon

par Naoko Tokumitsu

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Michel Forsé.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 18-10-2010 .


  • Résumé

    Dans une perspective sociologique, cette thèse propose une analyse croisée entre le Japon et la France pour ce qui concerne les actions de prévention de l’insécurité. Ce travail comporte tout d’abord un volet historique, qui s’attache à retracer l’évolution contemporaine des politiques de prévention de la délinquance. Il s’appuie sur divers rapports publiés notamment par le gouvernement français et par l’Agence nationale de la police japonaise, ainsi que sur des documents législatifs et sur l’analyse des débats parlementaires menés depuis 1970. En me fondant sur des observations participantes et sur des entretiens semi-directifs menés dans les deux pays, j’étudie ensuite la question de l’inscription urbaine de ces actions ainsi que la manière dont les habitants s’organisent et développent des liens sociaux différenciés à partir de la question de la sécurité. Je montre comment, au Japon, l’espace où se réalise essentiellement cette prévention est le quartier, à travers le slogan de « fabrique de la ville » (machi-zukuri). Des initiatives ayant lieu en France, tels que les médiateurs de rue, peuvent s’en approcher, car elles reposent également sur les problématiques de l’insécurité et du délitement des liens sociaux. Mais, dans la démarche française, les liens sociaux représentent surtout un outil à disposition des professionnels dans les zones sensibles, tandis qu’au Japon ils permettent de protéger la communauté des éléments extérieurs, en nourrissant la « force du quartier » (chiiki no chikara). Revêtant une portée d’éducation morale, le quartier japonais peut alors apparaître comme une forme de famille pouvant se substituer à la famille contemporaine jugée défaillante. Toutefois, depuis ces dernières années, le développement de la participation citoyenne et de l’initiative des « Voisins Vigilants », permet de déceler, en France, une démarche que l’on pourrait qualifier de « vigilantiste » et qui se rapproche davantage du maillage communautaire existant au Japon.


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