"L'intelligence épidémiologique". De la science du risque à l'action publique, la mise en forme du savoir issu de l'épidémiologie dans les politiques de santé : le cas des politiques vaccinales en France depuis la seconde guerre mondiale.

par Gaëtan Thomas

Projet de thèse en Histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de Patrice Bourdelais et de Luc Berlivet.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 28-09-2010 .


  • Résumé

    L'épidémiologie est une jeune discipline prise entre savoir et politique, préoccupée à la fois de ses propres innovations théoriques et de l'utilité publique de ses résultats. C'est la raison pour laquelle nous proposons d'appliquer à l'épidémiologie la notion d'"intelligence" empruntée aux travaux de P.-A. Rosental sur la démographie. Nous examinerons l'histoire de cette discipline à travers l'exemple des politiques vaccinales et de la place du savoir épidémiologique dans leur mise en œuvre depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet objet nous permettra, d'une part, de souligner les mécanismes par lesquelles la science alimente l'action publique et, d'autre part, de mettre en évidence des reconfigurations historiques sur un moyen terme. L'épidémiologie est aujourd'hui centrale dans chacune des étapes des politiques vaccinales. Ce ne fut pas toujours le cas. Après-guerre, le vaccin Lépine contre la poliomyélite ne bénéficie d'aucune évaluation statistique. En moins d'un demi-siècle, on observe donc une mutation majeure dans la pratique vaccinale française. L'objet de la thèse sera d'incarner l'espace compris entre des programmes vaccinaux presque artisanaux et la centralité de l’épidémiologie dans la pratique contemporaine. Elle aura pour principal sujet la figure transversale de l'épidémiologiste au contact de trois champs sociaux : champ scientifique, politico-administratif et industriel. On sera sensible à la face sociale de la science, aux parcours des principaux protagonistes engagés dans la traduction d'un savoir en politiques publiques, afin de montrer comment l'activité épidémiologique relative aux maladies infectieuses s'est institutionnalisée. A l'issue de ce travail, on pourra très probablement lire la façon dont des champs sociaux non scientifiques ont été en un demi-siècle plus perméables à l’argument chiffré et au raisonnement épidémiologique.


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