Administrer la musique. D'un art de gouverner à un art de s'en mêler.

par Sandrine Teixido

Projet de thèse en Anthropologie


Sous la direction de Denis Laborde.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 29-11-2010 .


  • Résumé

    Dans cette thèse, je tente de comprendre l’intrigue politique qui lie musique et politique au prisme des musiques du monde. Il s’agit de comprendre ce que les acteurs font au nom de ces musiques et de quelles manières cet engagement questionne les idées que nous nous faisons de l’usage et des effets de la musique dans nos sociétés. La démonstration parcours quatre cas. Je commence par analyser les Etats Généraux des Musiques du Monde organisés en 2009 à Sciences Po et les échanges qui s’y déroulent. J’y analyse les disputes et controverses en regard des régimes de justification et des références historiques utilisées par les intervenants. Je tente de comprendre ce que font réellement les acteurs dans la situation produite par les Etats Généraux et quelle compétence ces arènes de dispute fabriquent. J’interroge l’évolution de la politique culturelle au prisme de la notion de disponibilité culturelle. De là, je rapproche la focale de mon observation vers l’un des acteurs, le festival africolor et un dispositif, celui de l’accompagnement artistique et professionnel de l’artiste Jean-Didier Hoareau. A travers ces deux chapitres, j’expose en vis-à-vis les intrigues festivalières et politiques et les compétences et savoir-faire qui caractérisent chacune des parties, des accompagnés comme des accompagnants, des programmateurs comme des artistes, des militants comme du public. Je reviens pour la première fois de manière réflexive sur la place que j’ai occupé pour cet accompagnement et la manière dont j’ai construit peu à peu ma réflexion dans le cadre de cette thèse. Pour le dernier cas, je m’attache à prendre en filature la fabrication de « Mulhouse Capitale du Monde », enquête, dispositif, événement, à travers plusieurs arènes d’interprétation : les débats d’un comité, la réception d’une enquête, les interviews de musiciens, l’organisation de concerts. Je problématise cette « filature » au sein d’un corpus de recherches autour de l’idée d’un lien entre gouvernance, mise en valeur d’un territoire et musique. J’essaie de saisir la fabrique d’un art de s’en mêler.


  • Résumé

    In this thesis, I attempt to understand the political intrigue linking music and politics within the prism of World Music. I aim to unveil what stakeholders do in the name of this music and in what ways their commitment calls into question our conceptions about how music is used and how it affects our society. I examine four cases, beginning with an analysis of the Forum for World Music (Etats Généraux) held in 2009 at Sciences-Po and the discussions that took place there. I examine the conflicts and controversies linked to the regimes of justification and the historical references used by the speakers. I attempt to comprehend what those taking part in the Forum were really doing in this context and what authority these arenas of conflict produced. I question the evolution of cultural policy through the prism of the concept of cultural availability. I go on to focus on one of the stakeholders, the Africolor festival and the artistic and professional support of the artist Jean-Didier Hoareau. In these two chapters, I unveil face to face the festival and political intrigues ; the specific expertise and savoir-faire of the accompanied and those accompanying them, of the programmers and the artists, of the activists and the audience. For the first time, I reflect on my role and the way in which I have formulated my reflection little by little for this thesis. Finally, I follow the creation of the “Mulhouse Capitale du Monde” event – investigation, organization, event, in various contexts: a committee’s debates, the receiving of an investigation, interviews with the musicians, the organization of the concerts. I call into question this “shadowing” with a body of research into the concept of a link between governing, the development of a territory and music. I attempt to grasp how one creates an art of interfering.