Pour une approche du ''poétique instinct'' à travers la danse, de Mallarmé à aujourd'hui. : la danse comme geste de l’avant-poème, du symbolisme mallarméen au « renouveau lyrique ».

par Céline Torrent

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Michel Collot.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (equipe de recherche) depuis le 02-10-2009 .


  • Résumé

    En 1886, c’est à la danseuse que Mallarmé confie le soin de lui révéler son propre « poétique instinct ». C’est donc à travers l’élucidation de cette expression énigmatique que nous aborderons le lien entre poésie et danse, en France, de Mallarmé à aujourd’hui. Toute notre recherche consistera à comprendre ce qui dans la danse relève d’un instinct poétique et renvoie le poète à son propre instinct créatif. Mallarmé et Valéry nous permettront d’abord d’étudier la façon dont la danse est passée de simple motif poétique à véritable moteur poïétique au tournant des XIXe et XXe siècles. La danse, considérée comme « écriture corporelle », renverra ces deux poètes à la dimension corporelle de leur acte d’écriture. Nous verrons ensuite que, délivrée du livret de ballet, la danse elle-même se conçoit comme étant sa propre écriture, à partir de la fin du XIXe siècle. Tracé sans traces, elle est écriture du pur poïein que nous nommerons donc écriture poïegraphique. Nous dépasserons ainsi le clivage entre danse « classique » et « contemporaine », à travers la notion de « danse- contempoïein », en nous appuyant notamment sur la théorie des Barres flexibles de Wilfride Piollet. Enfin, le « poétique instinct » sera exploré à travers une convergence entre danse et « renouveau lyrique ». Après avoir étudié les livrets de ballet de René Char, nous questionnerons la présence explicite de la danse, au tournant des XXe et XXIe siècles, chez Pascal Quignard, Jean-Michel Maulpoix et André Velter. Nous envisagerons au même moment, du côté de la danse, l’émergence d’un lyrisme chorégraphique. Nous verrons ainsi que, du symbolisme mallarméen au « renouveau lyrique », la danse en appelle au « poétique instinct » du poète en ce qu’elle le renvoie à l’acte d’écriture qui a précédé son poème écrit, à son geste de l’avant-poème.

  • Titre traduit

    An approach through dance of the ''poétique instinct'', from Mallarmé to today.


  • Résumé

    In 1886, Mallarmé entrusted the dancer to reveal to him his own ''poétique instinct''. It will be trough this enigmatic phrase and its elucidation that we shall approach the existing link between poetry and dance in France, from Mallarmé to nowadays. All our focus in research will consist in understanding what in dance can be considered as poetic instinct and brings the poet to face his own creative instinct. First Mallarmé and Valéry will help us study how dance evolved from being a simple poetic pattern to a genuine poïetic engine during the 19th and 20th century. Dance, considered as ''écriture corporelle'', will bring these poets to see the corporal dimension of their act of writing. We shall see next that at the end of the 19th century, dance when it's freed from ballet, considers itself to be its own writing. Drawn without a trace dance is pure poïein writing and so we shall name it poïegraphic writing. We'll overrule the gap between ''classical'' and ''contemporary'' dancing with this concept of ''contempoeïn-dance'', by leaning on Wilfride Piollets theory of the ''Barres flexibles'' (''Flexible Bars''). Lastly, the ''poétique instinct'' will be explored trough the meeting of dance and ''lyrical renewal''. After studying René Chars ballet booklets we'll question the explicit presence of dance in Pascal Quignard, Jean-Michel Maulpoix and André Velters work during the 19th and 20th century. At the same time we'll consider the appearance of chorographical lyricism in dance. We will therefore see, through Mallarmés symbolism up to ''lyrical renewal'', that dance calls upon the poets ''poétique instinct'' and brings him back to the act of writing that came before the written poem, and so to the gesture of the prior-poem.