Le football entre guerre et paix. aspects politiques et identitaires du football en ex-yougoslavie et diplomatie de la fifa.

par Loic Tregoures

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Michel Hastings.

Thèses en préparation à Lille 2 , dans le cadre de École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille) depuis le 01-10-2009 .


  • Résumé

    La transformation de supporters de football serbes, bosniaques et croates en soldats dès 1991, la présence de supporters en première ligne contre la police dans la chute du régime de Milošević et dans l’opposition au président croate Franjo Tuđman, la mobilisation violente de supporters contre la tenue de gay pride, la prise d’assaut de l’ambassade des Etats-Unis à Belgrade, sont autant de faits qui s’inscrivent au croisement du football par les acteurs en jeu, du politique par la portée de leurs actes, et de l’identitaire comme fondement légitimateur à agir. C’est donc à partir de ces faits politiques que la question des interactions entre les mondes du football et le monde politique tire sa légitimité. Il s’agit alors de décrypter ces interactions, aussi bien dans le temps depuis la fin de la Yougoslavie communiste jusqu’à nos jours, que de façon comparée entre les différents pays issus de la Yougoslavie. Ce faisant, loin de la futilité dont on l’affuble, il faut prendre le football au sérieux aussi bien dans son rôle de fenêtre d’observation que dans celui d’agent politique de changement. Ce faisant, c’est à travers le football mais surtout par le football que l’on peut produire une analyse politique transversale de l’espace post-yougoslave, que ce soit sur le phénomène de politisation par le bas, sur la persistance du paradigme ethno-nationaliste, sur le caractère très discutable de l’idée de rupture entre l’avant et l’après 2000, ainsi que sur la persistance de pratiques politiques autoritaires dans l’ensemble de la région indépendamment du processus d’intégration européenne.


  • Résumé

    Football fans from Croatia, Bosnia and Serbia started turning into soldiers from 1991. Football fans were on the frontline against police during Milosevic’s fall as well as in the opposition to Croatian president Tudjman. Football fans were able to mobilize in huge numbers with extreme violence against gay pride parades. Football fans assaulted and set the US embassy in Belgrade on fire in 2008. These facts are at the crossroads between football through the actors at stake, politics through their aims and meanings, and identity regarding the founding ideas upon which they rely. It is therefore throughout those facts that interactions between the football world and the political world are a legitimate question to raise. It shall be dealt with not only by taking into account a broad period from the end of communist Yugoslavia to nowadays, but also in a comparative approach between the different states born from Yugoslavia’s collapse. Thus, far from being a futile occupation and an illegitimate social science object, it is necessary to take football seriously regarding the two roles it plays, first as an observation window, second as a political agent of change. Therefore, not only through football but also by football will it be possible to draw a transversal political analysis, be it on the politicisation process from the bottom, on the persistence of an ethno-nationalist paradigm, on whether 2000 can be deemed a deep break in the period from 1991 to nowadays, and on authoritarian practices in the region regardless of the European integration process.