La représentation de l’espace géographique dans les Métamorphoses d’Ovide

par Hélène Turquety (Malochet-Turquety)

Projet de thèse en Littérature latine


Sous la direction de Anne Videau.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 04-11-2009 .


  • Résumé

    L’œuvre d’Ovide est composée au sortir d’une époque de profonds bouleversements sociaux, culturels et spatiaux. Sous Auguste qui réorganise l’Empire émerge une représentation de l’espace conçu comme un ensemble unifié. Les Métamorphoses proposent au lecteur un voyage dans le temps selon un axe chronologique immense, en même temps qu’un voyage dans l’espace, de la Grèce des débuts du monde à Rome et au monde entier. Elles peuvent s’interpréter comme une épopée sur l’espace, progressivement maîtrisé. Le poète sélectionne les lieux et les traits de géographie physique (fleuves, monts) et urbaine qui vont constituer l’armature ou l’arrière-plan d’un mythe. Ces lieux sont le plus souvent ceux des traditions mythiques grecques, les toponymes sont homériques ou alexandrins, mais Ovide se les approprie et réinterprète les représentations spatiales de ses prédécesseurs pour construire sa vision de l’espace ; en outre, il introduit dès la cosmogonie initiale des toponymes récents, ouvrant ainsi l’espace du poème à la géographie et à l’histoire universelles. Cette réécriture romaine des mythes s’inscrit dans un questionnement sur la culture et la citoyenneté romaines et met en lumière les rapports complexes qu’elle entretient avec la culture grecque. Ces rapports se jouent à l’échelle de chaque mythe, dès lors qu’un toponyme est mentionné, mais aussi à l’échelle du poème entier : les lieux sont mis en en réseau les uns avec les autres et ont une histoire qui se construit au fil des livres. Le poète fait ainsi coïncider géographie physique et géographie culturelle, nature et culture, en racontant la construction de l’espace par une collectivité qui est à la fois l’humanité entière et plus spécifiquement, le peuple romain, nourri de culture grecque.

  • Titre traduit

    Representation of geographical space in Ovid’s Metamorphoses


  • Résumé

    Ovid’s Metamorphoses are written in an age of profound change. Not only does power evoluate in the hands of the Princeps, but also space: the new management of the provinciae and the reorganization of the City make it possible to conceive the geographical space of Empire as united. The poem echoes these transformations by introducing heroes who travel all over the world. The wide range of places and countries seems to match with the enormous temporal scope announced in the poem. The poem can be seen as an epos on space : space is progressively dominated, from the beginning of humanity to the reign of Rome. In each myth, Ovid selects the places, the rivers, mountains or cities he needs, abiding by mythical traditions and cultural representations : toponyms are borrowed from Homer or the Alexandrian poets ; but simultaneously he revitalizes them : he constructs his vision of geographical space and spatial organization. As early as the first cosmogony, he introduces toponyms which had been known only very recently in latin, thus opening his poem to universal geography and history. By transposing Greek myth in Roman space, the poet deals with cultural identity, in a time when Roman culture was undergoing a metamorphosis. He insists on the Greek roots of Roman culture and simultaneously projects it on a wider, universal scale. Places have a history, progressively revealed in each book. By setting myths in a web where each place has its own significance but also is better understood when related to the other, he constructs a space which is both natural and cultural, and a history of humanity and of Greco-Roman identity.