Défis contemporains de l'industrie de génériques au Brésil : développer et produire des génériques contre le VIH/sida et la tuberculose.

par Juliana Sampaio Tavares Veras

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Maurice Cassier.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de Ecole doctorale de l'Ecole des hautes études en sciences sociales ED 286 depuis le 02-11-2010 .


  • Résumé

    En 1996 le Brésil a mis en place une politique d'accès gratuit et universel aux traitements du VIH/sida. Pour cela, l’État s'est fait entrepreneur de production de médicaments génériques pour alimenter son programme de distribution massive d'antirétroviraux. Cette politique a été autorisée par le fait qu'à l'époque le Brésil et l'Inde ne connaissaient pas les brevets de médicaments et pouvaient copier licitement les nouvelles molécules qui arrivaient sur le marché. Cet espace de production de médicaments génériques, qui a permis de faire baisser les prix des trithérapies et d'augmenter le nombre des personnes traitées est en train de rétrécir avec l'entrée en vigueur des brevets de médicaments au Brésil puis en Inde. Ce projet vise à étudier les conditions de possibilité de perpétuer l'expérience brésilienne de production et de distribution gratuite d'antirétroviraux pour les ARVs de seconde ligne qui sont aujourd'hui employées dans les trithérapies. Les laboratoires producteurs de génériques du Brésil, épaulés par le Ministère de la Santé et les associations de patients VIH/sida ont entrepris de lutter sur le front de la propriété intellectuelle pour faire tomber des brevets dans le domaine public afin que les firmes brésiliennes puissent les reproduire. Les chimistes brésiliens s'associent dans des réseaux de R&D et des consortiums pour développer les technologies sophistiquées pour produire ces ARVs. Les associations de patients VIH/sida poussent les laboratoires industriels à améliorer leurs équipements pour produire des médicaments de qualité qui puissent être certifiés par l'Agence du Médicament du Brésil ou encore par l'Organisation Mondiale de la Santé. Les chercheurs et les industriels brésiliens s'associent pour non seulement copier les molécules existantes mais aussi pour découvrir de nouvelles familles d'antirétroviraux ou encore d'antituberculeux. Nous suivrons ces nouveaux défis au plus près des acteurs en faisant des monographies de médicaments.


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