Littérature insulaire et impossibilité créatrice. de l'ancrage créole a la déterritorialisation du dire.

par Caroline Soukai

Projet de thèse en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Beïda Chikhi.

Thèses en préparation à Paris 4 depuis le 06-12-2010 .


  • Résumé

    Les littératures de la caraïbe et de l'océan indien sont marquées par un concept fort qui tend à définir et à délimiter les bornes de la création en imposant une définition rigide de l'être insulaire : la créolité. ce mouvement, dans sa dimension totalisante, tend à clore le processus de création, l'amputant de toute originalité, enlisant dans un dire circonscrit, borné. l'écriture semble ainsi souffrir de territorialisation massive car profondément ancrée dans un espace géographique déterminant les imaginaires, elle cristallise l'impossibilité à se détacher de l'île-mère. la création soulève alors la question de cette appartenance viscérale au lieu qui semble conditionner le travail de l'écrivain dans l'acceptation mais aussi dans le rejet. face à cette volonté d'ancrer, de fixer une identité littéraire, s'élèvent des voix indépendantes qui par leur traitement de ces espaces suggèrent un empêchement fondamental lié aux bornes physiques, culturelles et symboliques. a l'origine mythifiée garante de légitimité aliénante semble se substituer l'inextricable décomposition, désintégration du dire créole désormais obsolète dans sa visée dévoratrice. ainsi, l'empêchement permet le surgissement du dire. l'impossibilité se veut créatrice, génératrice du dire, d'une poétique déterritorialisée. l'émergence d'une littérature dont l'insularité est le point de départ, épicentre fondamental, suggère moins l'enlisement dans l'écriture d'un soi primordial, d'une insularité géographique, qu'un dépassement de cette dernière à travers l'émergence d'une insularité fantasmatique, quasi subliminale.


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