Enfances chez Jean-François Lyotard : sur les traces d’une notion plurielle

par Emine Sarikartal

Projet de thèse en Philosophie


Sous la direction de Jean-Michel Salanskis.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) depuis le 15-10-2005 .


  • Résumé

    Si l’œuvre de Lyotard reste en suspens de son « supplément », qui serait comme « une ligne de résistance » dans la pensée, « l’insu qui hante sa philosophie », il semble bien que celui-ci serait une sorte de « phrase ‘infante’ ». Mais plus profondément, ce travail cherche à montrer que l’enfance est cet inconnu à multiples figures habitant l’œuvre de Lyotard bien avant le tournant du différend. Tissée par un mouvement dérivatif critique entre le langage, la psychanalyse et l’art, la pensée de Lyotard semble soucieuse de toucher la limite entre le système et l’événement, le même et l’autre, la structure et la différence, cette limite où l’hétérogène apparaît comme une force à la fois constitutive et refoulée. C’est justement ce que nous croyons repérer à travers les visages multiples de l’enfance. Ces visages qui ne se réduisent pas l’un à l’autre, se déclinent alors de l’infantile à la minorité et de là à l’infantia, Lyotard cherchant à toucher cet étranger chaque fois avec des instruments différents. Cette façon de lire Lyotard nous semble avoir l’avantage de mettre en relief certains topiques peu explorés de son œuvre, ou encore de voir sous un nouveau jour certains aspects surexploités de cette pensée. Ainsi l’on pourrait varier les travaux sur la pensée de Lyotard vers certains domaines inhabituels actuellement, comme la philosophie de l’éducation ou les études de la performance.

  • Titre traduit

    Childhood in Jean-François Lyotard’s philosophy : tracing a plural notion


  • Résumé

    If Lyotard’s work is waiting for its « supplement » which would be like a « resistance line » in the thought, « the unbeknownst haunting his philosophy », it seems that this would be an « ‘infante’ phrase ». More thoroughly, we would like to show that childhood is a multiple figure inhabiting his work even before the turning of the différend. Lyotard’s thought, weaved in a critical derivative movement between language, psychoanalysis and art, seems to be attentive to the limit between the system and the event, the same and the other, the structure and the difference, that limit where the heterogenous appears to be a constitutif yet inhibited force. This is exactly what we hope to map out across the multiple faces of the childhood. Those faces not reducing to each other, vary from the infantile to the minority and from the minority to infantia. Thus Lyotard tries to touch this stranger with an other instrument each time. This way of reading Lyotard seems to have the advantage of highlighting some unexplored topics of his work, or to bring a new light on its over exploited aspects. Thereby we could vary works on Lyotard’s philosophy towards actually unfamiliar domains with it, like the philosophy of education or performance studies