Anthropologie de la surdimutite. ethnographie itinerante et multisituee d'un mouvement sourd europeen.

par Pierre Schmitt

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Jean-Loup Amselle.

Thèses en préparation à Paris, EHESS depuis le 03-12-2009 .


  • Résumé

    L'anthropologie de la surdimutité étudie des groupes culturels définis notamment par le partage d'une langue des signes comme mode de communication privilégiée. la surdité n'est plus uniquement perçue comme quelque chose que l'on a en moins, mais davantage comme quelque chose que l'on a en commun. le chercheur accorde alors une place privilégiée à l'étude des discours et des pratiques de ces groupes, les sourds locuteurs de langues gestuelles, ainsi qu'au respect de leur autodéfinition, du regard qu'ils portent sur eux-mêmes. il s'agit à la fois d'une démarche théorique, avec la construction d'un champ d'étude ethnologique – ethnologisch studieveld – de la surdité, et d'une pratique de terrain à travers l'exploration de ce champ. autour d'un mouvement sourd européen qui assure à la culture sourde vitalité et transmission en s'appuyant sur de nouveaux réseaux d'interconnaissance à une échelle transnationale, l'ethnographie entreprise s'avère donc à la fois itinérante et multisituée. elle épouse ainsi les contours d'une population qui se caractérise par sa dispersion relative autant que par sa concentration en des espaces particuliers et des temps donnés, déterminant la géographie et la temporalité de nos enquêtes. les questionnements autour d'une identité sourde transnationale implique l'analyse des relations entre sourds et entendants, imposent la démarche de ‘penser le cas sourd pour lui-même' (yves delaporte) sans faire l'impasse sur la complexité et la diversité des relations des sourds aux signifiants et signifiés propres aux différentes sociétés et espaces politiques nationaux au sein desquelles ils vivent. la recherche engagée attache enfin une importance particulière aux pratiques et attitudes linguistiques afin d'interroger les éléments de (dis)continuité entre les individus et les groupes. le développement de formes artistiques liées aux langues signées, où l'écrit des langues vocales intervient cependant au sein du processus créatif, constitue par exemple l'un des phénomènes étudiés. en effet, que le ‘monde sourd' soit une réalité sociale ou une simple représentation, il s'agit sans aucun doute d'un espace où les langues, les cultures et les modalités, de même que les personnes, sourdes et entendantes, se rencontrent, où le bilinguisme langue vocale/langue signée constitue empiriquement un mouvement réciproque.


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