L'héritage d'Ise : de l'Ise shû au Genji monogatari

par Maria Elena Raffi

Projet de thèse en Études japonaises


Sous la direction de Sumie Terada.

Thèses en préparation à Paris, INALCO , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Quel est l’héritage de la poétesse Ise (872 ?-938 ?) et de son recueil poétique l’Ise shû (Recueil d’Ise), compilé vers le milieu du Xe siècle, peu de temps après sa mort ? Répondre à cette question suppose une étude qui envisage l’inscription plus large de ses poèmes dans une époque de profond renouveau de la poésie japonaise autochtone (waka) qui pose et définit les canons poétiques de référence après l’engouement pour la littérature chinoise qui avait marqué la première moitié du IXe siècle. À une époque où la scène poétique officielle était encore l’apanage des hommes, Ise est considérée comme l’une des personnalités les plus éminentes. Si Ise joua un rôle central dans l’évolution de la poésie japonaise, son recueil poétique personnel peut également être considéré comme l’une des sources du développement du genre narratif. Apprécier la nature de son héritage revient en premier lieu à prendre la mesure de l’aura poétique d’Ise mais c’est aussi définir sa fortune au moment où s’épanouit un courant littéraire plus proprement narratif (utamonogatari) qui annonce le développement futur des genres littéraires en prose et qui atteindra son sommet durant la première décennie du nouveau millénaire, dans la rédaction du Roman du Genji, œuvre majeure et centrale de la littérature japonaise, rédigée par une autre femme, Murasaki Shikibu. Notre étude portera ainsi sur le lien entre cette poétesse et le Roman du Genji à travers l’examen de différents types d’ouvrages : recueils des poèmes, récits à poèmes et enfin le Roman du Genji. Dans cette perspective, nous chercherons à dégager la figure littéraire d’Ise en posant une nette distinction entre la figure historique d’Ise poétesse professionnelle et le personnage romanesque qu’on a forgé à partir de son recueil personnel de poèmes. Notre méthode d’analyse et de recherche s’enrichit d’une approche qui se veut à la fois philologique, littéraire et historique. L’étude intertextuelle des rapports nombreux et complexes qui unissent Ise et l’Ise shû au Genji monogatari met au jour non seulement une influence thématique et formelle, mais permet aussi de lire différemment les deux œuvres à la lumière de lectures croisées.


  • Résumé

    What is the legacy of the poetess Ise (872?-938?) and of her poetic collection Ise shû, assembled around the middle of the 10th century, shortly after her death? The answer to this question will require an analysis considering the broader inclusion of her poems in the era of profound renewal of Japanese poetry (waka) that laid and defined the poetic canons of reference after the craze for Chinese literature that had marked the first half of the 9th century. At a time when the official poetic scene was still the prerogative of men, Ise is considered to be one of the most eminent personalities. While Ise played a central role in the evolution of Japanese poetry, her personal poetic collection can also be seen to be as one of the sources of the development of the narrative genre. To appreciate the nature of her heritage is first and foremost to appreciate the poetic aura of Ise, but it is also to define her fortune and influence at a time when a more strictly narrative literary movement was flourishing, the so-called “utamonogatari” that heralded the future development of literary genres in prose and which would reach its peak during the first decade of the new millennium, in writing of the Tale of Genji , a major and central work of Japanese literature, written by another woman, Murasaki Shikibu. Our study will therefore focus on the link between the poetess Ise and the Tale of Genji by examining a number of different types of works: collections of poems, poetry stories and finally the Tale of Genji. In this perspective, we shall seek to ascertain the literary figure of Ise by clearly distinguishing between the historical figure of Ise, a professional poetess, and the fictional character that has been forged from her personal collection of poems. Moreover, our method will be enriched by an approach that is at once philological, literary and historical. The intertextual study of the numerous, complex relationships between Ise, Ise shû and The Tale of Genji reveals not only thematic and formal influence, but also enables us to read the two works differently in the light of many readings